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Michel Louvain décède à 83 ans

Le Québec tout entier pleure le décès de Michel Louvain, qui a rendu son dernier souffle mercredi soir à 83 ans, autour de 20 h, deux semaines après avoir reçu un diagnostic de cancer de l’œsophage.

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Son producteur, Martin Leclerc, a partagé la triste nouvelle en fin de soirée, mercredi. «On ne s’attendait pas à ce que ça aille aussi vite», a-t-il confié au «Journal de Montréal».

Michel Louvain est décédé paisiblement dans son sommeil au Centre hospitalier de Verdun, vers 20 h. Un cancer de l’œsophage lui avait été diagnostiqué au début du mois d’avril. Il avait été hospitalisé d’urgence le weekend dernier.

Âgé de 83 ans, monsieur Louvain, laisse dans le deuil, son conjoint, Mario Théberge, partenaire privilégié des vingt-cinq dernières années, ainsi que ses trois sœurs.

Des débuts fracassants  

Parfait gentleman et chanteur de charme unique au Québec, Michel Louvain est né Michel Poulin à Thetford Mines, le 12 juillet 1937. Contrairement à plusieurs artistes, il n’a pas fait ses premiers pas dans l’industrie du spectacle alors qu’il était enfant, mais plutôt au début de sa vie d’adulte. Malgré cela, sa prolifique carrière aura duré près de 60 ans.

Pendant qu’il occupe un emploi de décorateur, il se plaît à chanter dans des salles paroissiales et des auberges. Il rêve de fouler les scènes et de vivre de la musique. C’est toutefois son travail à titre de maître de cérémonie, en 1957 à l’Hôtel Central, situé à Laval, qui lui permet d’attirer l’attention du producteur Yvan Dufresne. De cette rencontre naît rapidement la pièce «Buenas noches mi amor». Ainsi est lancée l’histoire d’amour entre l’artiste et la province.

À 20 ans à peine, il atteint une immense popularité, créant des émeutes sur son passage, faisant de chacune de ses apparitions télé et scéniques – dans les cabarets – un événement. Michel Louvain chante l’amour à un public qui en redemande.

Véritable générateur de tubes, le jeune homme cumule les succès radio alors que sa carrière n’en est encore qu’à ses balbutiements. Au cours des années 1960, il ne s’offre aucun répit et enchaîne avec de nombreuses pièces, comme ses chansons aux titres de prénoms de femmes: «Louise», «Sylvie» et «Marie».

C’est également durant les années 1960 qu’il anime avec brio divers rendez-vous au petit écran. Parmi eux, «Sous le ciel de Montréal» – proposé en 1963 et 1964 à CFTM-10 – en compagnie de Lise Watier. Preuve que l’étoile de Michel Louvain brille de mille feux, c’est lui qui est élu Monsieur Radio-Télévision au Gala des artistes de 1965.

Alors que son nom est sur toutes les lèvres, il réussit à atteindre un autre sommet, cette fois grâce au tango «La dame en bleu», son plus grand classique. Il ne cesse de la livrer à sa horde de fans au fil des ans, ne le retirant jamais de son costaud répertoire. Preuve du poids de cette chanson et de la fidélité de ses admiratrices, l’éloquent documentaire «Les dames en bleu», signé Claude Demers et sorti en 2009.

Un pro  

Si plusieurs artistes auraient certainement eu la grosse tête en générant un tel engouement, ce ne fut pas le cas du principal intéressé. Impeccablement vêtu, généreux et de bonne humeur, il s’est toujours prêté au jeu des entrevues avec professionnalisme. Sachant être drôle à ses heures, il a surpris tout le monde et s’est attiré les éloges en interprétant et dansant sur le «hit» planétaire «Gangnam Style» lors d’un gala Juste pour rire, en 2013.

Plus souvent qu’à son tour, Michel Louvain a visité le studio d’enregistrement. Infatigable et passionné, il a lancé, en 2019, son 32e album intitulé «La belle vie». ll était alors âgé de 81 ans. Cet opus faisait suite à celui enregistré sur la scène du Grand Théâtre de la Vieille Capitale, en compagnie de l’Orchestre symphonique de Québec. En 2014, la colonie artistique - avec Antoine Gratton à titre de réalisateur - a tenu à souligner son apport à la musique québécoise en proposant «Ils chantent Louvain».

Moult récompenses ont évidemment abouti entre les mains du chanteur de charme, dont le Prix MetroStar du public en 1987 et celui du Chanteur de l’année en 1988. Salué à maintes reprises par le Gouvernement du Québec, son talent lui a aussi permis d’accepter le Félix Hommage, en 2014, au Gala de l’ADISQ.

Peut-être plus impressionnant encore que tous les succès qu’il a connus et tous les honneurs qu’il a récoltés durant sa prolifique carrière, on se souviendra de la longue carrière du gentil crooner. Il a fait fi de nombreux courants musicaux et a continué à chanter, avec un plaisir évident, la pomme à son vaste public féminin pendant près de 70 ans. Tout ça, sans le moindre scandale.

Un gentleman comme pas un.

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