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Musicien tué à coups de guitare: un récit à glacer le sang

Sur son lit d’hôpital, Raymond Henry Muller a répondu aux questions d’un enquêteur de la police de Montréal concernant le meurtre de Cédric Gagnon, un musicien de son groupe.

Capture d’écran vidéo déposée en preuve

Sur son lit d’hôpital, Raymond Henry Muller a répondu aux questions d’un enquêteur de la police de Montréal concernant le meurtre de Cédric Gagnon, un musicien de son groupe.

Douze heures après avoir tenté de se suicider, l’homme accusé d’avoir tué un musicien à coups de guitare a calmement expliqué à un enquêteur sur son lit d’hôpital comment il avait fait disparaître le cadavre.

Raymond Henry Muller subit présentement son procès, au palais de justice de Montréal.

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Il est accusé du meurtre prémédité et d’outrage au cadavre de Cédric Gagnon, le 4 juillet 2018.

Siégeant dans la cage de verre réservée aux accusés, l’homme de 54 ans, qui a désormais coupe de cheveux soignée et barbe taillée, est demeuré immobile durant l’écoute de son interrogatoire présenté aux membres du jury.

Celui-ci a été capté le 1er septembre 2018, au lendemain de sa tentative de suicide. Des policiers avaient trouvé dans son appartement, rue Bernard, une note dans laquelle il confessait avoir tué le musicien de 39 ans de son groupe qui était porté disparu.

Couché dans un lit d’hôpital, on le voit, pendant cinq heures, raconter avec détachement à l’enquêteur de la police de Montréal comment il aurait assassiné à coups de guitare basse, puis démembré en trois parties sa victime.

Dans le frigo

Prenant de longues pauses avant de répondre, l’homme originaire de l’Ouest canadien y décrit avec détails qu’il aurait utilisé un moulin, un couteau de cuisine et une scie à archet, normalement utilisée pour couper du bois.

Torse nu, amaigri et visiblement affaibli, Muller s’excuse même à quelques reprises de ne pas être en mesure de fournir plus de précisions aux enquêteurs.

Selon sa déclaration, il aurait ensuite mis plusieurs heures à nettoyer la scène de crime ainsi qu’à ranger des membres du corps dans son réfrigérateur.

Il en aurait disposé, avec les outils, dans des poubelles situées non loin de son logement, durant les jours qui ont suivi.

Pas le bienvenu

Le père de quatre enfants se serait fait laisser par sa femme peu avant les événements. Il résidait dans un appart, surnommé le « Rock Hotel », où des membres de son band débarquaient souvent à l’improviste. C’était le cas de Cédric Gagnon, que l’accusé a décrit dans son interrogatoire comme un bandmate « volatil ».

« C’est une personne extrême. Il est dans ta face », a-t-il insisté, confiant qu’ils avaient parfois des conflits. Le fait qu’il créchait parfois chez lui sans payer de loyer lui posait problème, a-t-il dit.


L’audience de mercredi sera retardée, car les avocats débattront à savoir si l’accusé devra porter son masque jusqu’à la fin du procès, conformément aux nouvelles mesures sanitaires.