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Un nouveau visage pour le parc Jean-Drapeau

D’ici 2030, le parc Jean Drapeau aura droit à une importante refonte. Davantage d’espaces verts, une navette fluviale et de nouveaux espaces événementiels font partie du plan de développement dévoilé mercredi matin par la Ville de Montréal.

«Il s’agit du plus important effort de planification d’un grand parc urbain, depuis celui du Mont-Royal il y a 150 ans. Au cours de la dernière année, on a pu constater à quel point les parcs de Montréal sont précieux pour ses habitants», a souligné la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en conférence de presse.

Pour l’instant, la Ville s’est déjà engagée financièrement à la hauteur d’un montant de 340 millions $, soit le tiers du coût total du projet, estimé à 970 millions $.

Avec le plan, la Ville de Montréal et la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) souhaitent faire de l’endroit l’un des lieux emblématiques de la Ville, et lui offrir une entrée «digne de ce nom».

On promet notamment d’augmenter de 30 % la canopée du parc, en diminuant la portion consacrée à l’asphalte et aux stationnements, dont 80 % disparaîtront. Des pistes cyclables et des sentiers piétons seront plutôt mis en place pour faciliter les déplacements à l’intérieur du parc. Un système de navette devrait être mis en place sur les deux îles.

«La volonté est qu’il y ait deux grands pôles de stationnements, l’un sur l’île Notre-Dame, au Casino de Montréal, et l’autre sur l’île Sainte-Hélène, près du pont Jacques-Cartier», a expliqué Jonathan Cha, conseiller principal en aménagement à la SPJD.

«Les voitures pourront continuer à circuler. Le but n’est pas de mettre fin au transport automobile. On est conscient qu’il faut travailler la mobilité à l’intérieur du site», a pour sa part précisé Mme Plante.

Navette fluviale  

Des quais devraient aussi être construits sur chacune des deux îles du parc, afin de permettre à une navette fluviale de faire le pont avec Longueuil d’un côté et le Vieux-Port de l’autre.

Le plan prévoit également doubler la quantité d’œuvres d’art présente sur l’île, et mettre son patrimoine en valeur. L’idée de permettre au public de se réapproprier le fleuve est souvent revenue au cours de la présentation, entre autres avec l’idée d’une longue promenade qui longera les berges.

À court terme, l’un des premiers projets prévus est la réhabilitation de la place des Nations, qui devrait avoir une capacité d’accueil de 7000 personnes pour la tenue d’événements.

«On veut limiter l’impact chez les citoyens. Dans un premier temps, on se concentre sur l’île Sainte-Hélène. La planification de l'édifice multifonction va commencer, on l'espère dès 2023. On peut imaginer qu’on va ensuite passer à l’île Notre-Dame vers 2024-2025», a résumé M. Cha.

Un projet «flou»  

Chef de l’Opposition officielle à l’hôtel de ville, Lionel Perez voit l’annonce comme étant un coup de publicité à l’approche de la campagne électorale, et la juge précipitée.

«On est tous d’accord à l’idée de revoir l’aménagement du parc. Personne ne veut le statu quo. Mais il y a encore beaucoup de questions qui demeurent sans réponse. La mairesse dévoile le tout en grande pompe, mais finalement, elle demeure dans le flou et le général», a critiqué M. Perez.

Il a également reproché au projet de ne pas faire une place suffisante à l’accessibilité universelle. Il a de même reproché à l’administration d’aller de l’avant, alors que la SPJD vient de lancer une étude sur la mobilité dans le secteur, dont les conclusions sont encore attendues.

Si Ensemble Montréal est élu aux prochaines élections, «on va revoir le plan directeur et les recommandations de l’[Office de consultation publique de Montréal] pour s’assurer qu’il y ait un plan qui parle à tous les Montréalais», a également ajouté M. Perez.

D’un bon œil  

L'Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ) a pour sa part réagi favorablement au projet. Elle estime que le projet permettra d’offrir un «milieu de grande qualité», qui permettra au public de profiter de la nature.

«L'accent mis sur l'augmentation de la canopée confirme la volonté de Montréal de faire du parc Jean-Drapeau le deuxième poumon vert de la métropole, après celui du parc du Mont-Royal», a déclaré Isabelle Giasson, présidente de l'AAPQ.

Pour elle, le plan arrive à un bon moment, alors que l’achalandage des parcs publics est en hausse, et que leurs bienfaits sont documentés.

Au Conseil régional de l'environnement de Montréal (CRE-Montréal), on accueille également avec «enthousiasme» le plan présenté par la mairie. On souligne notamment qu’il permettra un accès privilégié avec le fleuve et les espaces naturels qui le composent.

«À l’heure des changements climatiques et de la pandémie de COVID-19, qui accentuent les besoins d’accès à la nature, ce plan arrive comme une bouffée d’air frais», a pour sa part souligné Emmanuel Rondia, directeur général du CRE-Montréal.