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24 mois de prison pour un père abuseur

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Un homme de 77 ans de l’Estrie a écopé de 24 mois de détention, jeudi, au palais de justice de Lac-Mégantic, pour des crimes de nature sexuelle commis entre 1980 et 1988 sur sa propre fille, alors âgée de six ans au moment des premiers délits. 

L’homme, dont l’identité ne sera pas révélée afin de respecter l’ordonnance de non-publication concernant celle de la victime, a reçu une peine pour des accusations de grossière indécence, d’attentat à la pudeur et de contacts sexuels, actes pour lesquels il a reconnu sa culpabilité en juillet 2020.

Les méfaits se déroulaient alors que l’enfant prenait sa douche, son père la «touchait et la caressait avec du savon», a relaté le juge de la Cour du Québec, Paul Dunnigan.

Le magistrat a cité des passages du témoignage de la victime, aujourd’hui âgée de 46 ans, affirmant qu’elle avait déclaré que son père «voulait lui montrer le plaisir». Lorsqu’il perpétrait ses crimes, le père demandait à son enfant «aimes-tu ça ? ça fait du bien?»

Lors d’une étape judiciaire précédente, la mère de la victime a attesté des gestes de son mari à l’égard de sa fille, dont elle a été témoin à deux reprises. Dans ces circonstances, le délinquant sexuel a dit à sa femme qu’il ne pouvait pas lui donner de l’amour, mais à sa fille, oui. Un suivi avec la DPJ avait eu lieu et le père avait entrepris une thérapie.

Des conséquences désastreuses pour la victime

Lors de la lecture de la décision sur la peine, le juge Dunnigan a évoqué la détresse de la victime, qui, a-t-il dit, a fait «plusieurs dépressions et plusieurs thérapies».

«Quand on est abusé dans l’enfance, ça affecte toute, toute, toute notre vie. Tu vis avec de la honte et de la culpabilité [...] c’est très, très dur», avait-elle affirmé lors de son témoignage, qui a été repris par le magistrat, jeudi.

Lors des représentations sur la sentence en décembre 2020, la procureure de la Couronne, Isabelle Dorion, demandait une peine de 24 mois de prison, alors que l’avocate de la défense, Stéphanie Raymond, désirait une peine de 90 jours à purger les fins de semaine.

«La position du ministère public est tout à fait raisonnable», a déclaré le juge en annonçant sa décision. En plus des 24 mois de prison, le septuagénaire devra respecter une probation de trois ans. Il devra fournir un échantillon d’ADN et être inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité.