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Mesures sanitaires: la police serre la vis aux ados contrevenants

Bloc Police

Photo d'archives / Agence QMI

Les policiers ne se contentent plus de donner de simples avertissements aux adolescents qui ne respectent pas les consignes sanitaires : des jeunes de la Rive-Sud de Montréal l’ont appris à leurs dépens récemment en recevant chacun une contravention de 500 $. 

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En tout, six personnes âgées de 14 à 17 ans ont reçu cette amende, la plus salée qui puisse être donnée à des mineurs en vertu de la loi.

«Les jeunes sont la clé du succès pour maintenir l’école en présentiel», a justifié le sergent Jean-Luc Tremblay, porte-parole de la police de Richelieu–Saint-Laurent, qui a mené cette vaste opération jeudi et vendredi derniers autour d’une dizaine d’écoles secondaires de la région. 

Initiative des écoles 

L’intervention a eu lieu à la demande de certaines directions d’écoles, qui peinaient à faire appliquer les mesures à l’extérieur sur l’heure du dîner. Durant le bref retour en classe à temps complet des secondaires 3-4-5, la situation était encore plus préoccupante. 

«Oui, il y a un côté répressif, mais il y a tout un travail d’éducation qui avait été fait en amont. Il y avait déjà eu des suspensions, des rappels... Les policiers avaient aussi fait beaucoup de sensibilisation», a rappelé Annie Larouche, directrice de l’École secondaire Polybel, à Belœil, où deux élèves ont reçu un constat. 

«On avait envoyé une lettre aux parents avant. On avait fait un message dans l’interphone pour avertir les élèves que la présence policière allait être renforcée ces jours-là», a poursuivi son collègue Vincent Barouh de l’École secondaire du Grand-Coteau, à Sainte-Julie. 

Réactions mitigées 

Les deux directeurs d’école ont constaté que la majorité des parents avait accueilli favorablement ce coup de barre, à l’heure où les éclosions de variants se multiplient aux quatre coins du Québec.

Mais d’autres doutent que la manière forte soit la plus appropriée dans le contexte.

«Aucun jeune de 14 ans n’a une indépendance financière. À la fin, on sait tous que ce sont les parents qui vont payer», a déploré l’avocat Mike Junior Boudreau, qui a l’habitude de défendre des jeunes contrevenants. 

Mike Junior Boudreau

Photo courtoisie

Si le criminaliste craint que les jeunes banalisent cette sanction comme ils n’en paieront pas le prix, la police a un tout autre avis. 

«Les jeunes se passent le mot : s’ils ne prennent pas au sérieux la COVID, ils vont au moins prendre au sérieux les contravention », a souligné le sergent Tremblay.