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Vaccinateurs payés pour jouer au sudoku par manque de travail

Les vaccinateurs étaient manifestement peu occupés hier en avant-midi à l’aréna Bill-Durnan, de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, à la surprise de Richard Sauvé, 56 ans, qui y a reçu sa première dose du vaccin d’AstraZeneca.

Photo courtoisie, RIchard Sauvé

Les vaccinateurs étaient manifestement peu occupés hier en avant-midi à l’aréna Bill-Durnan, de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, à la surprise de Richard Sauvé, 56 ans, qui y a reçu sa première dose du vaccin d’AstraZeneca.

Des vaccinateurs se tournent les pouces alors que les Québécois boudent le vaccin d’AstraZeneca, pour lequel de nombreuses plages horaires sont disponibles.

« Je suis capable de vacciner un patient aux 5 minutes, mais je me retrouve à en vacciner 20 dans toute ma journée », déplore une professionnelle du privé venue prêter main-forte à Montréal.  

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Depuis février, elle et une soixantaine de ses collègues « sont en train de virer fous à rester assis sur leur chaise », en attendant des patients à vacciner. 

« Aucune entreprise n’accepterait une perte d’argent comme celle-là », est convaincue cette injectrice souvent payée à jouer au sudoku par manque de travail.

Si plusieurs se sont précipités pour recevoir une dose d’AstraZeneca la semaine dernière, le calme semble revenu dans les centres de vaccination.

« Jusqu’à maintenant, la vaccination me semble... inefficace », renchérit Charles (nom fictif).

Employé dans un autre centre de vaccination de l’ouest de Montréal, il témoigne aussi sous le couvert de l’anonymat par crainte de représailles. 

Deux doses par jour  

Le jeune homme rapporte n’avoir injecté que deux doses pendant un quart de travail, puisqu’ils étaient une trentaine d’employés pour « moins de 10 patients par heure ».

Richard Sauvé, 56 ans, qui a reçu le vaccin d’AstraZeneca hier, a aussi été surpris de ne croiser que trois patients à l’aréna Bill-Durnan, de l’arrondissement à Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, lors de son passage vers 11 h hier. 

« Il y avait 60 infirmières qui m’attendaient. Je n’en revenais pas, surtout dans la situation où l’on est ! » s’exclame-t-il. 

D’autres centres de vaccination momentanément vides à Saint-Jérôme et à Brossard ont entre autres été signalés au Journal

Impossible toutefois de confirmer les faits, car plusieurs de nos demandes d’entrevues au réseau de la santé sont restées sans réponse.

Le peu d’achalandage observé pourrait s’expliquer par la popularité moindre du vaccin d’AstraZeneca, que certains Québécois de plus de 55 ans redoutent toujours malgré les faibles risques. 

À qui le tour ?  

Au Centre intégré de santé et de services sociaux du Nord-de-l’Île-de-Montréal, par exemple, on n’écoule environ que 100 doses d’AstraZeneca ces jours-ci, même si de nombreux rendez-vous sont disponibles. 

À Laval, seulement 322 doses du vaccin d’AstraZeneca ont été injectées hier, sur une possibilité de 2200.

Même en Beauce, où les cas se multiplient, entre 700 et 800 doses de ce vaccin attendaient toujours preneur au centre de vaccination de Saint-Georges en fin d’après-midi.

« Les gens ont un peu peur du vaccin d’AstraZeneca. On le ressent. Pourtant, on pourrait vacciner plus », regrette Cary Paquet, cheffe dudit centre de vaccination.

Le Journal a d’ailleurs repéré sur le site de réservation Clic Santé un très grand nombre de plages horaires disponibles le jour même ou dans les prochains jours pour recevoir l’AstraZeneca dans la grande région de Montréal.

– Avec Olivier Faucher et Le Journal de Québec