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Derniers préparatifs avant les adieux au prince Philip

À la veille des funérailles du prince Philip, la famille royale britannique, en deuil, s'est attelée vendredi aux derniers préparatifs d'une cérémonie minutieusement préparée, en petit comité et aux connotations militaires.

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Huit jours après que le duc d'Édimbourg s'est éteint «paisiblement» au château de Windsor à l'âge de 99 ans, les obsèques de l'époux de la reine seront célébrées samedi dans l'enceinte de ce domaine royal situé à l'Ouest de Londres.

Lors d'une cérémonie retransmise à la télévision, la famille royale dira adieu à celui qui, né prince de Grèce et du Danemark à Corfou, a montré un soutien sans faille à la monarchie britannique depuis son mariage, il y a 73 ans, avec celle qu'il surnommait «Lilibeth» et qui allait devenir en 1952 Elizabeth II.

En raison des règles sanitaires liées au coronavirus, les funérailles se feront dans une relative simplicité pour rendre hommage à un homme qui appréciait peu les lourdeurs du protocole.

Elle reflètera le passé militaire que portait fièrement le prince consort après avoir combattu dans la Royal Navy pendant la Seconde Guerre mondiale.

La cérémonie sera d'une «précision militaire et constituera surtout la célébration d'une vie bien vécue», a indiqué le général Nick Carter, chef des forces armées, sur la BBC. «Elle montrera également à quel point les forces armées l'aimaient et le respectaient».

La Royal Navy, la Royal Air Force et l'armée de terre seront ainsi présentes dans le parc de Windsor pour accueillir son cercueil, qui sera transporté à bord d'un 4X4 Land Rover dédié, véhicule qu'il a lui-même contribué à concevoir pendant plus de seize ans.

La fanfare des Grenadier Guards, dont Philip a été le colonel pendant 42 ans, mènera la procession jusqu'à la chapelle St George, où aura lieu la cérémonie religieuse à partir de 15H00 locales (14H00 GMT).

Celle-ci sera menée par l'archevêque de Canterbury Justin Welby, chef spirituel des anglicans. Un choeur composé de quatre chanteurs interprétera des chants choisis par Philip.

Outre le personnel religieux, 30 personnes seulement - et toutes masquées- seront autorisées à assister à cet office de cinquante minutes, en vertu des règles contre le coronavirus.

De retour pour la première fois sur le sol britannique depuis plus d'un an après sa mise en retrait de la monarchie, le prince Harry, 36 ans, apparaîtra en public aux côtés de son frère aîné William et de son père Charles.

Enceinte, son épouse Meghan Markle, dont les accusations de racisme au sein de la famille royale à la télévision américaine ont créé une onde de choc considérable, est restée aux États-Unis sur les conseils de son médecin.

Les retrouvailles de Harry et William, dont les relations sont distendues, ont alimenté chez les commentateurs royaux l'espoir d'un réchauffement des relations entre les deux frères. Le déroulement dévoilé jeudi par Buckingham apparaît néanmoins lourd de sens.

Unis en 1997 derrière le cercueil de leur mère Diana, les deux fils du prince Charles marcheront sur la même ligne pour suivre le cercueil du duc d'Édimbourg. Mais leur cousin Peter Phillips prendra place entre eux.

Cette séparation des deux frères a fait couler beaucoup d'encre dans la presse britannique, le Times y voyant «soit une bizarrerie du dispositif, soit une tentative délibérée de les séparer».

Pour autant, la famille royale britannique va tenter d'offrir au monde un front uni, du moins sur le plan vestimentaire.

Malgré la connotation très militaire de la cérémonie, la reine a en effet décidé que tous les membres de la famille seraient en tenue civile. Cette décision évite de trancher la délicate question du droit à porter l'uniforme pour les princes Andrew et Harry,tous deux en retrait de la monarchie, mais attachés à leurs liens avec l'armée.

Malgré deux missions en Afghanistan, Harry, ex-capitaine, n'a désormais le droit de porter ses médailles de service que sur un costume civil, après avoir perdu ses titres militaires honorifiques en décidant de ne plus être un membre actif de la famille royale.

Même s'il appartient toujours à la Navy, l'apparition en uniforme du prince Andrew, second fils de la reine et ex-pilote d'hélicoptère, aurait pu susciter un «sérieux mécontentement» au sein de la Navy, affirme le Sun, en raison de son amitié avec le défunt financier Jeffrey Epstein, poursuivi pour trafic de mineures.

Le général Nick Carter a rejeté vendredi les suggestions selon lesquelles cette décision avait déçu les forces armées, affirmant que l'armée «respectait absolument» le choix de la famille royale.