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Des artéfacts découverts en réaménageant sa cour

Un Montréalais qui a découvert des artéfacts dans la cour arrière de son appartement du quartier chinois appelle les autorités à protéger le patrimoine, alors qu’un géant de l’immobilier s’impose.

« Est-ce qu’on veut vraiment démolir ces bâtiments-là ? Est-ce qu’on veut vraiment effacer ces traces-là de notre histoire ? Pour moi, la réponse est claire, c’est non », dit Jean-Philippe Riopel. 

Le guide touristique connaît bien le secteur, y ayant offert de nombreuses visites, en plus d’y habiter depuis près de 20 ans. Il s’inquiète de l’arrivée de gros joueurs de l’immobilier.

Parmi les découvertes de M. Riopel, on compte un vieux fusil rouillé.

Photo Laurent Lavoie

Parmi les découvertes de M. Riopel, on compte un vieux fusil rouillé.

Selon des documents consultés par Le Journal, les investisseurs Brandon Shiller et Jeremy Kornbluth ont récemment acquis des immeubles du quartier chinois, dont celui où habite M. Riopel, pour un montant de 19,5 millions $.

On ignore pour le moment ce que les investisseurs comptent faire de ces propriétés. Mais aujourd’hui, Jean-Philippe Riopel est le dernier locataire de son bâtiment. 

Ses voisins ont tous déjà quitté leur logement.

Découvertes 

M. Riopel a emménagé il y a 11 ans dans l’immeuble de la rue De La Gauchetière, dont la construction remonte au 19e siècle.

Comme plusieurs Québécois, la pandémie l’a mené à faire différents travaux d’aménagement. 

Le collectionneur a donc pu mettre la main sur une pléthore d’objets inédits, dont un vieux fusil de type British Bulldog avec des balles, de nombreux accessoires de couture ainsi que d’anciennes fondations enfouies dans le sol. 

À cela s’ajoutent également des fioles médicales qui pourraient avoir servi à l’hôpital chinois de Montréal, qui occupait autrefois le bâtiment voisin.

Cette fiole et cette seringue auraient appartenu à l’hôpital chinois de Montréal.

Photo Laurent Lavoie

Cette fiole et cette seringue auraient appartenu à l’hôpital chinois de Montréal.

Il s’agit d’un secteur ayant un potentiel archéologique très élevé. 

Il est entre autres associé « au développement du faubourg Saint-Laurent, qui va s’accélérer au début du 19e siècle, quand ils vont démolir les fortifications qui entouraient la ville », explique Marie-Claude Brien, vice-présidente de l’Association des archéologues du Québec.

De façon générale, il peut être fréquent de déterrer des artéfacts à Montréal. 

« Les cours arrière, si elles n’ont jamais été occupées par des bâtiments, c’est le lieu où est-ce qu’on peut trouver des objets archéologiques », dit Mme Brien.

Soutien 

M. Riopel s’est tourné vers les réseaux sociaux avec l’aide d’une amie dans le but de savoir comment les terrains du quartier chinois pourraient être protégés.

Sa publication en ligne a attiré l’attention de deux conseillers locaux et un interdit de travaux a été imposé par la Ville en début de semaine. Aucun chantier n’y est toutefois en cours.