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Les demandes en médiation familiale en forte augmentation

Les demandes en médiation familiale connaissent une hausse marquée depuis quelques mois.

Au Saguenay Lac-Saint-Jean, par exemple, en téléphonant vendredi, on peut espérer avoir un rendez-vous à la mi-juin.

«Je suis passé d'un délai habituel de deux semaines à deux mois», note l'avocat Miville Tremblay, qui est médiateur. «Si on tient compte des vacances d'été, les délais risquent de se rallonger.»

«Les gens nous appellent maintenant pour savoir si leur tour viendra bientôt», précise une autre médiatrice, Cynthia Girard. «On sent que les gens sont impatients de régler leur dossier et de passer à autre chose.»

Les médiateurs familiaux mesurent les effets de la pandémie, qui explique logiquement la hausse du nombre de demandes. À titre d'exemple, le partage des tâches domestiques a parfois été compliqué par le télétravail et la présence prolongée des enfants.

«C'est une surcharge psychologique qui s'ajoute à la pression», observe Me Tremblay.

Tout ce contexte, ajouté aux délais, attise les tensions, même pendant la médiation.

«Les gens sont plus à cran, ont plus les nerfs à vif», témoigne Mme Girard. «On sent plus de conflits, plus de violence...Cette agressivité-là, on la perçoit».

«Les conflits éclatent plus facilement», convient Me Tremblay. «Et forcément, ça nous demande plus d'énergie, plus de temps.»

La pandémie est elle-même un point à l'ordre du jour. Les mesures sanitaires interviennent dans la garde des enfants. Comment s'applique le principe de bulle par les familles reconstituées? Que faire si les ex-conjoints habitent maintenant une région différente?

Sans vouloir être alarmiste, les médiateurs rencontrés s'attendent à ce que les séquelles de la pandémie perdurent même après la sortie de crise.

«Certains ménages fonctionnent sous l'adrénaline présentement, mais quand la crise sera derrière nous, c'est là que les tensions risquent d'éclater», prévient Cynthia Girard.

Miville Tremblay abonde dans le même sens.

«C'est dur parfois de refaire confiance à une personne qui n'a pas compris nos inquiétudes. Oui, il risque d'y avoir des cicatrices.»

Le meilleur conseil: agir au jour le jour dans l'intérêt des enfants.

«Pour que les enfants puissent être à leur meilleur malgré le contexte», conclut Me Tremblay.