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Une marche de 150 km en aide aux soignants

Félix Antoine Demers veut sensibiliser la population au fardeau émotif que portent des intervenants de la santé.

Photo Chantal Poirier

Félix Antoine Demers veut sensibiliser la population au fardeau émotif que portent des intervenants de la santé.

Un superviseur aux interventions à Urgences-santé marchera plus de 150 kilomètres à Montréal avec 30 livres sur ses épaules pour symboliser la « charge émotive » que traînent les intervenants du réseau de la santé.

« Ce sont des personnes de cœur. C’est la raison pour laquelle elles vont faire ce genre de métier, et malheureusement, ça reste des humains, on a tous un maximum qu’on peut atteindre », mentionne Félix Antoine Demers, 32 ans. 

Depuis que M. Demers a été promu de paramédical à superviseur, en 2019, il a pris connaissance de l’ampleur du fardeau psychologique porté par ses collègues. 

Dans les dernières années, ces derniers ont été davantage exposés à des drames familiaux, à des infanticides ou à des féminicides, souligne M. Demers.

Périple de deux jours

Le Lavallois amorcera son parcours au quai de l’Horloge vers l’est, le 14 mai, pour faire le tour de l’île de Montréal en 48 heures. Si le couvre-feu est toujours en place, il y aura pause jusqu’au lendemain.

D’ici là, il recueillera des fonds qui seront remis à La Vigile, une ressource d’aide dédiée aux premiers répondants. Tous les donateurs sont invités à se joindre à l’événement.

Des initiatives comme celle de M. Demers seraient nécessaires à la survie de l’organisme. 

« Si on n’a pas cette aide, à un moment donné, La Vigile ne pourra plus être là », dit la directrice générale, Geneviève Arguin.

En 2020, La Vigile a reçu environ 600 appels pour des consultations externes, soit des dizaines de plus que l’année précédente.

Moment difficile

Comme plusieurs travailleurs de la santé, Félix Antoine Demers a été marqué par au moins un événement bien précis. 

Il y a environ cinq ans, il avait été appelé à intervenir auprès d’une femme qui avait accouché d’un bébé mort. 

« C’est encore difficile d’en parler, fait-il savoir. À ce moment-là, ça m’a beaucoup touché, j’ai trouvé ça vraiment difficile à la suite de cette intervention-là. » 

Il a fallu un an avant qu’il soit en mesure de tourner la page. 

« Heureusement, j’ai un beau cercle social, j’ai une belle famille qui me supporte, j’ai plusieurs activités, plusieurs hobbys », soutient le père d’un enfant, bientôt deux.

Si une telle situation se reproduisait aujourd’hui, il se tournerait vers des ressources spécialisées.