/news/coronavirus

L'Ontario fermera ses frontières dès lundi

Face à la flambée de cas de COVID-19 en Ontario, le premier ministre Doug Ford a décidé d’y aller de mesures plus fortes pour freiner la propagation du coronavirus comme la fermeture des frontières avec le Québec et le Manitoba.

• À lire aussi: Plus de 12 000 cas par jour : des projetions qui inquiètent en Ontario

• À lire aussi: Nouveau record: les chiffres grimpent encore en Ontario

• À lire aussi: Le PQ demande un resserrement à la frontière Québec-Ontario

La mesure prendra effet lundi prochain, a précisé M. Ford vendredi. Des exceptions seront permises pour les travailleurs essentiels.

En plus de la fermeture de ses frontières, l’ordre de rester à la maison a été prolongé de deux semaines.

Le premier ministre de l’Ontario a également annoncé que les rassemblements extérieurs sont désormais limités aux personnes appartenant à la même bulle familiale, à l’exception des personnes seules. La capacité des commerces de détail sera limitée à 25 %. Et à partir de lundi, les lieux de culte ne pourront accueillir qu’un maximum de 10 personnes.

«Mes amis, nous perdons la bataille entre les variants et la vaccination», a-t-il déclaré, sur un ton inquiet et solennel.

«Les données de la dernière modélisation le confirment. Si nous ne prenons pas des mesures fermes immédiatement, les cas de COVID-19 continueront de monter en flèche et la capacité de nos hôpitaux sera surchargée. Nous devons donc prendre cette décision difficile, mais nécessaire, pour réduire les déplacements et garder la population en sécurité, à la maison.»

Ce n’est pas la première fois que la frontière entre l’Ontario et le Québec sera fermée. L’an dernier, au cours de la première vague, seuls les déplacements jugés essentiels étaient autorisés entre la capitale fédérale et Gatineau, la plus importante ville de l'Outaouais.

Les chantiers de construction non essentiels devront aussi fermer, a annoncé le gouvernement.

De plus, les policiers auront le pouvoir d’intercepter tous ceux qui circulent sur la route pour vérifier les raisons de leurs déplacements. Les récalcitrants aux mesures d’urgence s’exposent à une amende de 750$, ont indiqué les autorités gouvernementales.

En début de soirée vendredi, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé que le Québec fermera aussi sa frontière avec l’Ontario pour limiter la propagation des variants de la COVID-19.

«Dès lundi, nous fermerons notre frontière avec l’Ontario et nous assurerons un contrôle serré des déplacements. (...) Il faut limiter la propagation des variants. C’est une question de sécurité», a écrit sur Twitter Mme Guilbault.

Des discussions sont en cours entre les gouvernements concernant les modalités de ces fermetures.

Le premier ministre François Legault a pour sa part indiqué qu'il va «continuer de collaborer» avec M. Ford «pour assurer la sécurité de nos citoyens».

Il faut dire que la province la plus populeuse au pays a inscrit vendredi un record de cas quotidien, avec 4812 personnes ayant contracté la maladie. Le bilan affichait également 25 nouveaux décès dans la province qui est de nouveau en confinement depuis le 8 avril.

Depuis le début de la pandémie, 408 383 ont été infectées et 7664 personnes ont perdu la vie en Ontario, mais la situation pourrait encore empirer.

Selon les projections rendues publiques vendredi, la province pourrait avoir plus de 18 000 cas par jour d’ici la fin mai, si les tendances actuelles se maintiennent. On évoque même l’hypothèse de plus de 30 000 nouveaux cas de COVID-19 par jour à la fin mai, selon le pire scénario.

Pour aplanir la courbe, des experts ont recommandé au gouvernement d’instaurer un décret ordonnant de rester à la maison pendant six semaines avec un taux de vaccination d’au moins 100 000 doses par jour.

Parmi les 4812 nouveaux cas signalés vendredi, 1469 se trouvaient à Toronto, 851 dans la région de Peel, 491 dans celle de York, 366 à Ottawa et 268 dans la région de Durham.

Vaccination

Au cours de son point de presse, Doug Ford a pointé du doigt l’approvisionnement inégal en vaccins, de compétence fédérale, pour la situation de sa province.  

«Nous avons vu des cliniques fermer et refuser des gens parce que nous n’avons pas l’approvisionnement dont nous avons besoin. [...] Alors, s’il y a quoi que ce soit que le gouvernement fédéral peut faire maintenant pour nous obtenir plus de vaccins: nous en avons besoin maintenant», a lancé le premier ministre ontarien.  

Doug Ford a également appelé Justin Trudeau à limiter les vols internationaux et interprovinciaux vers l’Ontario, afin de prévenir la propagation du variant brésilien depuis l’Ouest canadien.  

De l’aide aussitôt refusée       

Le feu étant pris en Ontario, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a indiqué lors de son point de presse, vendredi, que la Croix-Rouge canadienne est prête à y être déployée afin d’aider à l’effort de vaccination, clé pour freiner la propagation du virus.

«Nous avons approuvé une demande de déploiement de la Croix-Rouge canadienne dans jusqu’à 27 foyers de soins de longue durée», a-t-il déclaré.

Ce à quoi le gouvernement Ford a rapidement répondu: «Bien que nous apprécions l’offre du premier ministre, nous n’avons pas besoin de la Croix-Rouge pour le moment. (...) Nous n’avons pas de problème de capacité, nous avons un problème d’approvisionnement».

«Plus de vaccins veut dire moins de cas. Ce que le gouvernement fédéral doit faire, c’est de nous donner plus de vaccins, maintenant», a déclaré Doug Ford, lors de son point de presse.

Plus de 4,8 millions de doses de vaccins contre la COVID-19 ont été distribuées en Ontario. En date du 16 avril, 3 644 038 doses de vaccins contre la COVID-19 ont déjà été administrées dans la province.

Pénurie de personnel

La province voisine fait également face à une importante pénurie de personnel: les hôpitaux de la province auront besoin de 4145 infirmières au cours des quatre prochains mois.  

Dans une lettre à ses homologues provinciaux, Doug Ford demande d’envoyer 620 professionnels de la santé en renfort. 

Des provinces maritimes, largement épargnées par la pandémie jusqu’ici, pourraient envoyer du personnel.

Pour le moment, le gouvernement Legault n’a pas répondu à la requête de la province voisine. Toutefois, Doug Ford a dit comprendre que la situation est également tendue dans le réseau de la santé québécois.   

Le resserrement des mesures en bref 

- Fermeture des frontières avec le Québec et le Manitoba sauf pour les travailleurs essentiels (à compter de lundi);

- Prolongement du confinement pour deux autres semaines (dès vendredi);

- Les policiers et les autres corps policiers de la province auront le pouvoir d’arrêter les personnes dans leur véhicule et leur demander leur adresse et le motif de leur déplacement (dès samedi et jusqu’à la fin de l’ordre de rester à la maison);

- Interdiction de tous les rassemblements extérieurs, sauf pour les personnes appartenant à la même bulle familiale, personne seule ou proches aidants (dès samedi);

- Fermeture des installations récréatives à l’extérieur (dès samedi);

- Réduction de la limite de capacité à 25 % dans tous les commerces de détail (dès samedi);

- Fermeture des chantiers de construction non essentiels (dès samedi);

- Les lieux de culte ne pourront accueillir qu’un maximum de 10 personnes (dès samedi).