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10 féminicides en 10 semaines: «un décompte horrifiant qui ne semble pas se tarir»

Thierry Laforce/Agence QMI

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale s’est dit «sans voix», samedi, à la suite de l’annonce du 10e féminicide de l’année survenu vendredi, et en appelle à «l’implication de toutes et tous».

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«On nous demande souvent comment mettre fin aux féminicides, et la réponse est plurielle: nous avons besoin d'agir à court, à moyen et à long terme, à la fois avec des mesures d'urgence, à la fois avec un changement des mentalités en profondeur», a déclaré Chantal Arseneault, présidente du Regroupement, dans un communiqué.

Selon elle, les proches qui sont en contact avec les victimes peuvent faire une différence significative en identifiant la violence conjugale: «En tant que proches, certains signes peuvent nous alerter: si une femme de notre entourage se met à refuser nos invitations, si elle s'isole de plus en plus, si elle semble anxieuse ou nerveuse, si elle se met à douter d'elle-même ou si elle change de comportement en présence de son conjoint. Si ça arrive, ouvrons le dialogue, offrons-lui son soutien, respectons ses choix, suggérons-lui des ressources et surtout, surtout, gardons le contact».

Les professionnels qui interviennent auprès de femmes ou de couples «ont également un rôle à jouer» dans le dépistage des comportements contrôlants et de la violence.

«Que vous soyez dans le milieu de la santé, de l'éducation, du milieu communautaire, policier ou autre, prenez le temps d'évaluer une situation où vous sentez qu'une femme subit du contrôle de la part d'un conjoint. N'hésitez jamais à lever un drapeau, car vous serez peut-être les seul.e.s à pouvoir le faire», a ajouté Mme Chantal Arseneault.

Les 43 maisons membres du Regroupement ont hébergé quelque 2700 femmes et 2200 enfants, en 2019-2020.