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Application de la Loi 101 au Cégep: Jean-François Lisée change de cap

L'ancien chef péquiste Jean-François Lisée fait aussi volte-face et se range derrière son successeur, Paul St-Pierre Plamondon, qui prône désormais l'application de la loi 101 au Cégep. 

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«On est (rendu) au moment des mesures fortes et la loi 101 (imposée) au Cégep en fait partie. Elle ne doit pas être seule, mais je pense que l’unité qui est en train de se faire autour de ça est comme symbolique de l’appétit pour des mesures fortes», a fait valoir samedi l’ex-leader souverainiste, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.  

Les délégués du Parti québécois sont en Conseil national virtuel cette fin de semaine. À la demande de l’aile jeunesse du parti, PSPP a décidé de rompre avec la position historique du PQ et celle qu’il défendait durant la récente course au leadership. Il votera demain en faveur de l’application de la Charte de la langue française aux étudiants collégiaux, comme plusieurs députés péquistes.

Même changement de cap pour Jean-François Lisée. «Si j’étais délégué aujourd’hui, je voterais pour la résolution des jeunes parce que je pense que le front commun qui est en train de se faire sur cette question-là envoie un signal au gouvernement Legault que des mesures fortes doivent être prises», a-t-il dit.  

Aggravation de la situation 

Mais attention. Seule, cette mesure ne règle pas tout, insiste l’ex-chef du PQ. Elle ne règle pas notamment le problème des jeunes québécois ayant fréquenté un cégep anglophone qui arrivent sur le marché du travail sans une bonne maîtrise de la langue de Molière.  

Selon lui, l’enseignement du français aux étudiants anglophones doit aussi être amélioré. Plus encore, un examen de français doit être obligatoire pour obtenir son diplôme dans le réseau collégial anglophone. La maîtrise du français pour immigrer au Québec doit aussi être exigée, croit Jean-François Lisée.  

«La loi 101 (appliquée) au Cégep, il me semblait qu’elle n’était pas indispensable et qu’elle divisait. Avec l’évolution du débat, avec l’aggravation de la situation du français, je n’ai pas d’objection à me rallier à cette mesure-là, si elle fait partie de plusieurs mesures», précise-t-il.  

Urgence d'agir 

PSPP a aussi défendu avec vigueur samedi sa volte-face sur le sujet, qui s’explique entre autres par les «arguments convaincants» des jeunes péquistes. Alors qu’il proposait plutôt auparavant de réduire le financement des cégeps anglophones pour l’arrimer « au poids démographique de la minorité historique anglophone », il croit maintenant que cette mesure a du plomb dans l’aile.  

«Si on se donne une loi, c’est beaucoup plus durable dans le temps que si on joue sur le financement, (...) où un gouvernement subséquent peut décider tout simplement de changer le financement à nouveau», a-t-il plaidé samedi, en conférence de presse.  

Il ne craint pas de perdre l’appui des jeunes Québécois avec cette nouvelle position. Il dit que la majorité des francophones qui optent pour le réseau collégial anglophone maîtrisent déjà la langue de Shakespeare.  

Et il y a urgence d'agir. «Quand j’ai fait mon cégep il y a 25 ans, il n’y avait pas de Netflix, pas de Youtube, pas cette immersion constante dans le bagage culturel et linguistique anglo-saxon. C’est tellement fort cette vague-là, 25 ans plus tard, qu’on parle même d’impérialiste culturel anglo-saxon!». 

Si elle est adoptée, cette proposition a des chances de faire partie de la prochaine plate-forme électorale du PQ.

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