/regional/montreal/lanaudiere

Emprunter des semences à la bibliothèque

Crédit Photo: Courtoisie bibliothèque Louise-Amélie-Panet

Une bibliothèque de Lanaudière a décidé de diversifier son offre : en plus des livres, les citoyens peuvent désormais emprunter des semences!

• À lire aussi: Encore un été dans la cour: jardins et piscines ont la côte

• À lire aussi: Vers une plus grande autonomie alimentaire

• À lire aussi: La bibliothèque Maisonneuve et le centre Nutrilait seront classés sites patrimoniaux

Le principe des bibliothèques de semences, un phénomène encore nouveau au Québec, est de fournir des graines aux citoyens qu'ils peuvent semer dans leur jardin, multiplier et rapporter pour les prochains usagers.

Ghislaine Beaufort, coordonnatrice de la bibliothèque Louise-Amélie-Panet, à Sainte-Mélanie, où un tel projet vient d'être mis en place, estime que l’idée risque d’être populaire.

«On fait ça pour inciter les citoyens au jardinage, mais aussi en réponse aux grands semenciers industriels qui commercialisent des semences stériles, traitées pour être non reproductibles. L'idée est d'encourager l'autosuffisance et l'autonomie des gens pour produire leurs propres aliments», explique-t-elle.

Crédit Photo: Courtoisie bibliothèque Louise-Amélie-Panet

À la bibliothèque de Sainte-Mélanie, les usagers peuvent donc emprunter cinq paquets de semences à la fois, dans lesquels se trouvent entre 10 et 50 semences. À la fin de la saison, une fois que les végétaux auront fait leurs graines, il suffit d'en rapporter à la bibliothèque qui les rendra disponibles à d’autres citoyens.

«Plus on fait pousser une variété localement, plus elle devient adaptée à notre climat local. C'est aussi le but de l'expérience», souligne Ghislaine Beaufort.

Des passionnés de jardinage, producteurs agricoles et commerces locaux ont répondu à l'appel de la bibliothèque pour constituer un inventaire de départ à partir de dons de semences. Une quarantaine de variétés de semences de végétaux, légumes, fleurs et fines herbes, sont ainsi disponibles.

Quelques bibliothèques de semences, aussi appelées grainothèques, existent déjà à travers le Québec, entre autres à Drummondville et Salaberry-de-Valleyfield. La première a vu le jour en 2015, à la Bibliothèque Atwater, à Westmount.

Une autre existe au Cégep Marie-Victorin, à Montréal. Renée Lemieux, conseillère en environnement et développement durable, a contribué à la mise sur pied de la grainothèque de cet établissement collégial, en 2019. Pour que le système fonctionne, il faut outiller les usagers afin qu'ils soient en mesure de renouveler l'inventaire en ramenant des semences, explique-t-elle.

«On offre un atelier pour permettre aux gens de se familiariser avec la multiplication des semences. Ça peut paraitre évident, mais il faut sélectionner les meilleurs plants, savoir dans quelle partie de la plante se trouvent les graines, les récolter, et les faire sécher de la bonne façon.»

La bibliothèque Louise-Amélie-Panet, à Sainte-Mélanie, compte également miser sur la formation et offrir de tels ateliers.

Le service d'emprunt de semences est ouvert non seulement aux abonnés de la bibliothèque, mais également à tous les résidents de la région de Lanaudière.