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Le Québec frappé par la pénurie mondiale de vélos

Patrick Beausoleil

Photo Francis Pilon

La pénurie mondiale de vélos risque de donner des maux de tête aux Québécois qui devront attendre jusqu’en 2022 dans certains cas pour se procurer une nouvelle bicyclette.

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« On souffre de cette situation, mais les clients encore plus. J’attends une quinzaine de vélos cette semaine. Un peu plus, et je fais venir l’armée pour protéger la palette de bicyclettes qui va arriver. C’est la folie », explique en ricanant Bruno Lavergne, propriétaire du Grand Cycle, à Montréal.

Ce commerçant a normalement plus de 100 vélos à vendre dans son magasin. Il n’y en a désormais qu’une vingtaine. C’est du jamais-vu pour lui qui possède une boutique spécialisée depuis 22 ans.

« Les gens viennent pour acheter un vélo. Je leur dis de réparer celui qu’ils ont déjà parce qu’il n’y en aura pas de nouveaux bicycles cette année. C’est vraiment une drôle de situation », avoue M. Lavergne.

Bruno Lavergne

Photo Francis Pilon

Bruno Lavergne

Rien en bas de 3000 $ 

Patrick Beausoleil, propriétaire de la boutique Beausoleil Cycle, sur la Rive-Sud de Montréal, affirme qu’il faudra puiser dans ses économies pour se procurer une bicyclette cet été.

« En 40 ans dans le métier, je n’ai jamais vu ça. Il n’y a plus de vélos sur le marché en bas de 3000 $ dans tous les magasins du Québec », constate M. Beausoleil.

Il indique aussi que tous les fournisseurs demandent désormais aux entreprises de commander leurs montures deux ans à l’avance.

Usines asiatiques au ralenti

Constat similaire chez Dumoulin Bicyclettes, à Montréal, où l’on se réjouit tout de même de cette frénésie pour le vélo.

« C’est sûr que c’est une bonne période en ce moment pour notre industrie et ça fait plaisir dans un sens, mentionne Étienne Roy-Corbeil, copropriétaire de l’entreprise. Je dis souvent à la blague : en 2021, préférez-vous avoir un magasin de vélos ou un bar ? »

L’engouement monstre pour les bicyclettes depuis le début de la crise sanitaire expliquerait en partie la pénurie mondiale de vélos.

« La pandémie a fait deux choses au Québec et ailleurs dans le monde. Elle a accéléré la pratique du vélo en Europe et en Amérique du Nord. Elle a aussi ralenti les usines de production, qui sont majoritairement en Asie. Ça apporte les défis qu’on vit en ce moment », relate Jean-François Rheault, président-directeur général de Vélo Québec.

« Avec la crise sanitaire, la bicyclette est devenue comme une activité refuge. C’est simple, pas besoin d’organisation, ça se pratique seul. Le vélo répond au besoin d’être dehors et de bouger en même temps », ajoute-t-il.

Selon la firme Moneris, qui gère les transactions par cartes de crédit et de débit, les ventes dans les magasins de vélos au Québec ont augmenté de 87 % en janvier 2021 par rapport au même mois l’an dernier.