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Les péquistes pour la loi 101 au cégep

Une proposition «au diapason des préoccupations des Québécois», selon PSPP

Les délégués du Parti québécois ont appuyé massivement, dimanche, l’application de la loi 101 au cégep.

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«Quand le PQ revient à l’esprit de la loi 101, qui est de faire de la langue française la langue commune, la langue de l’éducation des francophones et des allophones, on agit au diapason des préoccupations des Québécois», a affirmé le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), au terme d’un Conseil national virtuel de sa formation politique.

Cette proposition, initiée par l’aile jeunesse péquiste, a franchi une étape importante. Elle a été adoptée sans débat par une écrasante majorité (94%) des quelque 230 délégués participants. Situation plutôt rare, personne n'est intervenu pour manifester son opposition.

L’imposition de la Charte de la langue française au réseau d’enseignement collégial devra éventuellement subir le test des militants du PQ, qui se réuniront en congrès à l’automne pour élaborer la prochaine plateforme électorale du parti.

Mais le leader souverainiste n’attendra pas jusque-là pour défendre cette nouvelle position, à laquelle il s’est personnellement rallié il y a quelques jours à peine. Les députés péquistes porteront désormais cette idée et déposeront même un projet de loi en ce sens à l’Assemblée nationale. PSPP a bon espoir que les militants péquistes appuieront cette idée.

«Ça nous donne un mandat très très clair, estime Paul St-Pierre Plamondon. L’aile parlementaire a toute la légitimité maintenant pour mettre de l’avant cette proposition-là, en parler, ça fait désormais partie de ce qu’on a à dire sur la rénovation de la loi 101».

Le député Sylvain Roy contre la proposition  

Tous les élus de son caucus ont voté en faveur de la proposition, à l’exception du député de Bonaventure Sylvain Roy. Ce dernier ne croit pas qu’empêcher les étudiants francophones et allophones de fréquenter le cégep en anglais ait un impact significatif pour freiner le déclin de la langue de Molière au Québec.

«Ça prend une approche plus globale qu'une simple imposition législative coercitive visant à protéger la langue dans un écosystème très ciblé qu'est celui du cégep», a-t-il fait valoir à notre Bureau parlementaire avant le vote.

Le ministre Simon Jolin-Barrette s’est engagé à déposer, ce printemps, une imposante réforme de la loi 101. Mais François Legault a déjà fait savoir qu’il n’entend pas appliquer la Charte de la langue française au cégep.

PSPP entend talonner la CAQ non seulement pour l’application de la 101 au cégep, mais également afin d’imposer aux étudiants anglophones un examen de français obligatoire pour obtenir leur diplôme. Selon les péquistes, la Charte de la langue française doit aussi s’appliquer aux entreprises de 25 à 49 employés, de même qu’aux entreprises à charte fédérale. L’immigration francophone doit aussi être privilégiée.

Camille Laurin et l’idéologie woke   

Paul St-Pierre Plamondon a également profité de son discours de clôture du Conseil national du PQ pour déplorer que la Ville de Montréal ait écarté la candidature de Camille Laurin, le père de la loi 101, dans le choix du futur nom d’une promenade piétonne d’Outremont.

«L’idéologie qu’on appelle woke, le racialisme, est en train de déraper, a-t-il insisté. On n’a pas à empêcher une initiative citoyenne pour quelqu’un comme Camille Laurin en raison de sa couleur de peau, ça n’a aucun sens».