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Tuerie de Portapique: Devoir de mémoire en Nouvelle-Écosse

De nombreux Canadiens ont participé dimanche à des cérémonies commémoratives pour honorer la mémoire des victimes de la pire tuerie de masse de l’histoire du pays, commise à pareille date l’an dernier en Nouvelle-Écosse.

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«J’espère que tous les Canadiens prendront un moment aujourd’hui pour se souvenir de ceux dont la vie a changé à jamais les 18 et 19 avril 2020», a appelé en matinée le premier ministre Justin Trudeau.

Plusieurs personnes ont ainsi participé à une course qui s’est déroulée dans la communauté de Portapique pour marquer l’anniversaire de la tragédie. Un service commémoratif s’est par la suite déroulé en après-midi à la First United Church de Truro, avec une minute de silence observée à l’échelle de la province.

Les familles des victimes ont également pris part à une marche et ont été rejointes par le détachement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de Bible Hill.

«Nous avons perdu notre famille. Les gens ont vu des choses qu’ils ne pourront jamais ignorer», a déclaré Tara Long, qui a perdu son frère et sa belle-sœur lors du tragique événement.

«Nous voulons nous assurer que tout le monde ici est reconnu, tout le monde ici compte et beaucoup d’entre nous ont perdu notre famille, mais beaucoup plus d’entre nous ont perdu confiance en nos forces de police», a-t-elle ajouté selon Global News.

Tout avait commencé le samedi 18 avril, tard en soirée, lorsque Gabriel Wortman a entamé, dans la petite communauté de Portapique, une virée meurtrière qui a duré environ 13 heures et l’a amené à parcourir quelque 150 kilomètres, au cours de laquelle il a tué 22 personnes et en a blessé trois autres avant d’être rattrapé et abattu.

Cet acte insensé a changé à jamais le visage de la communauté et a traumatisé la Nouvelle-Écosse.

«La famille, les amis et les collègues ont perdu des êtres chers à cause d’une violence horrible et leur sentiment de sécurité a été anéanti. Aujourd’hui, toutes nos pensées vont à la mémoire des victimes, et avec tous ceux qui pleurent cette perte douloureuse», a confié le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair.

Des questions encore sans réponse

Un an après la tragédie, la tuerie continue de susciter des questionnements. Rappelons que le tueur, un denturologiste de 51 ans, a commis ses crimes alors qu’il était une possession d’un lourd arsenal d’armes à feu et d’une ancienne voiture de la GRC, maquillée pour ressembler en tous points à une autopatrouille en service.

Encore aujourd’hui, les mobiles du tueur – qui a entamé la tuerie après avoir séquestré sa conjointe, qui lui a échappé – demeurent incertains. La GRC continue de dévoiler des informations au compte-gouttes, tandis que plusieurs se demandent si elle aurait pu agir plus efficacement pour mettre fin au carnage, par exemple en envoyant une alerte sur tous les appareils ou en se déployant plus rapidement.

«C’est très difficile de prévoir ce que l’on doit faire dans une telle situation. Il va être intéressant de voir à quel moment la GRC a pu avoir le portrait global pour comprendre exactement ce qui se passe», a indiqué André Gélinas, sergent-détective à la retraite du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), en entrevue à LCN.

M. Gélinas croit qu’il va être important de tirer des leçons de cet événement, notamment en ce qui concerne de possibles modifications dans les interventions futures au niveau des communications, mais aussi des effectifs et des équipements disponibles.

La façon dont le tueur a pu acquérir son arsenal, ses antécédents, le rôle joué par la GRC et son protocole d’intervention lors de la cavale meurtrière figure notamment parmi les éléments qui font l’objet d’une enquête publique ordonné par Ottawa. La commission doit d’ailleurs accoucher un rapport préliminaire d’ici mai 2022, tandis que le rapport final est attendu en novembre 2022.

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