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Déjà 20 ans depuis le Sommet des Amériques à Québec

Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Vingt ans plus tard, des Québécois qui avaient assisté aux larges manifestations contre le Sommet des Amériques gardent un souvenir vif des gaz lacrymogènes, mais aussi de l’entraide entre citoyens. 

Environ 80 personnes se sont réunies, dimanche après-midi, pour commémorer les 20 ans du Sommet des Amériques qui avait eu lieu à Québec entre le 20 et 22 avril 2001.  

À l’époque, 50 000 manifestants, incluant des militants de mouvements altermondialistes, avaient convergé vers la ville, alors que des dignitaires discutaient d’un projet de libre-échange qui n’a finalement jamais vu le jour: la Zone de libre-échange des Amériques.  

Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Les dispositifs de sécurité, incluant une clôture de 3,8 kilomètres en plein centre-ville que les manifestants avaient fait chuter, avaient notamment suscité la controverse. 

Marie-Ève Duchesne, du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, évoque un «traumatisme collectif pour le quartier», mais aussi un «grand mouvement de solidarité et de résistance». 

Durant la marche de près de deux heures dans les rues du centre-ville, les participants ont entonné des chansons des Amères Noëlle, une chorale féministe et anticapitaliste qui existait à l’époque du Sommet.  

Monique Foley et Carmen Duplain étaient engagées dans celle-ci. «J’avais beau garder les portes et fenêtres fermées, il y avait du gaz [lacrymogène] qui entrait dans la maison», raconte Mme Foley, qui habite le quartier. 

Mme Duplain se remémore aussi de la «solidarité et de l’implication» de la population. «Je m’en souviens, des images aussi, des personnes de Saint-Jean-Baptiste qui soutenaient les manifestants en leur donnant de l’eau, en les hébergeant. Ça m’avait beaucoup touchée.» 

«C’était pas une folie de jeunesse, se mobiliser contre le Sommet. C’était lié à des valeurs profondes qu’on a encore», soutient Maxim Fortin, ancien militant du Comité d’accueil du Sommet des Amériques, qui travaille à la Ligue des droits et libertés. 

Selon lui, la mobilisation avait contribué à «donner de l’énergie et du momentum au mouvement anticapitaliste et contre la mondialisation». Toutefois, «le 11 septembre [2001] a vraiment ralenti l’élan de manière importante», regrette-t-il, puisque les attentats avaient alors monopolisé les débats.