/news/currentevents

Enquête après une arrestation musclée dans le métro de Montréal

Une enquête a été ouverte après une intervention musclée d’agents de la Société de transport de Montréal (STM) auprès d’un usager du métro en fin de semaine.

Des images de cette arrestation ont été partagées à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux, ce qui a fait réagir la mairesse de Montréal, lundi.

«Plusieurs personnes ont partagé une intervention d’agents de la STM qui a eu lieu ce week-end. Il s’agit d’images troublantes, et une enquête commence aujourd’hui pour faire la lumière sur ce qui s’est passé», a indiqué Valérie Plante sur Twitter.

Questionnée par TVA Nouvelles, la Société de transport de Montréal a voulu donner le contexte derrière les images virales où l’on voit un usager maîtrisé au sol par des inspecteurs à la station Jean-Talon, samedi vers 15h25.

Des inspecteurs ont été témoins du comportement d’une personne qui aurait franchi les tourniquets sans s’acquitter de son droit de passage, selon les explications fournies par la STM.

«Ils ont rejoint la personne et l’ont interpellée. Cette dernière a refusé de collaborer et, notamment, de s’identifier. La discussion a duré plusieurs minutes. Alors que nos employés ont tenté de désamorcer la situation, la personne a pris la fuite vers la sortie sans avoir obtempéré. Nos inspecteurs se sont mis à sa poursuite et sont intervenus physiquement pour l’immobiliser. La personne a résisté activement et refusé de s’immobiliser», a fait savoir la porte-parole de la STM, Amélie Régis.

Elle a ajouté que durant l’intervention, la personne a mordu les inspecteurs à plusieurs reprises, causant des blessures qui ont requis des soins d’urgence.

Le SPVM va porter une accusation de voies de fait causant des lésions corporelles.

Comme c’est toujours le cas pour des interventions de ce type, une enquête interne s’est amorcée pour analyser l’ensemble des éléments et, notamment, l’usage de la force.

«Lors de telles interventions, nos inspecteurs appliquent le modèle en vigueur dans la majorité des corps policiers au Canada, qui stipule que la force appliquée doit être proportionnelle au degré de résistance et d’agressivité de la personne. Dans ce cas, la personne s’est montrée agressive, a résisté activement et a mordu au sang nos employés, refusant notamment de relâcher sa morsure», a ajouté Mme Régis.

Les constables réagissent

La Fraternité des constables et agents de la paix de la STM a tenu à clarifier les circonstances qui ont mené à cette intervention.

«Quand une personne ne s'acquitte pas de ses frais de passage, refuse de s'identifier, résiste à son interpellation, prend la fuite, refuse de s'immobiliser et, de plus, agresse nos inspecteurs, nous avons des protocoles à respecter», a précisé par communiqué le président du syndicat, Kevin Grenier.

«Bien sûr que les images, qui sont loin de refléter l'ensemble de l'intervention, peuvent paraître troublantes. Mais ce qui est encore plus troublant, c'est que des agents ayant fait leur travail soient mordus à trois reprises jusqu'au sang et doivent être hospitalisés pour avoir fait leur boulot», a-t-il soutenu, ajoutant que les inspecteurs ont tenté de désamorcer la situation pendant une vingtaine de minutes.

Le syndicat qui représente 170 inspecteurs a par ailleurs déploré les messages publiés sur les médias sociaux qui invitaient à s’en prendre physiquement aux agents de la STM.

- avec la collaboration d'Yves Poirier