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Montréal demande un registre public des loyers

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Joël Lemay / Agence QMI

Devant la hausse du prix des loyers et la crise du logement qui sévit dans la métropole, la Ville de Montréal demande au gouvernement provincial d’intervenir afin de mieux protéger les locataires, notamment à travers la mise en place d’un registre public des loyers.

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«La situation est sérieuse et malgré toute notre bonne volonté, la Ville de Montréal ne peut pas, à elle seule, venir à bout de cette crise, mais ce n’est pas faute d’essayer», a déclaré la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

C’est dans le cadre d’une séance du conseil municipal que la Ville a adopté une motion demandant au gouvernement provincial de l’aider à lutter contre la problématique.

Le coût moyen des loyers à Montréal a augmenté de 4,2 % en 2020, soit la plus forte hausse depuis 2003.

«Pour le moment, lorsque confrontés à une rénoviction ou à une hausse de loyer déraisonnable, les locataires ont sur leurs épaules le fardeau de l’ouverture du dossier au Tribunal administratif du logement. Malheureusement, trop peu de locataires vont de l’avant», a rappelé Mme Plante.

Elle a également souligné que son administration poursuivrait sa collaboration avec le gouvernement afin de chercher des solutions à la problématique.

«Les propriétaires qui achètent à grand prix les immeubles sont prêts à faire les pires bassesses pour évincer les locataires, rénover, pour ensuite louer à grand prix afin de rentabiliser leur investissement», a affirmé Manon Barbe, mairesse de l'arrondissement de LaSalle, qui a relaté une expérience de rénoviction vécue par sa fille.

Elle a également rappelé que les règlementations actuelles favorisent les propriétaires «qui ont le gros bout du bâton».

À Ensemble Montréal, la conseillère municipale, Karine Boivin-Roy, a soutenu que le problème ne provient pas seulement des propriétaires. Pour elle, davantage de construction serait nécessaire afin que l’offre puisse rejoindre la demande.

Mairesse de l’arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Giuliana Fumagalli croit que la Ville de Montréal pourrait en faire plus.

«Pourquoi ne pas réviser certains critères pour l’émission de permis de rénovation, ou revoir nos règlements de zonage», s’est-elle interrogée en rappelant que la Ville possède ses propres leviers pour agir.