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Système de garderies: les parents veulent leur part

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Roxane Trudel / JdeM

Les parents québécois et les partis d’opposition demandent au gouvernement Legault de redonner aux familles les sommes que Québec recevra en guise de compensation au système pancanadien de garderies subventionnées qu’Ottawa souhaite mettre en place.

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Dans le budget fédéral, présenté lundi par la ministre des Finances, Chrystia Freeland, 30 milliards $ répartis sur 5 ans serviront à la création de ce système.

Or, comme le Québec possède déjà son propre réseau des Centres de la petite enfance (CPE), la province recevra plutôt une compensation monétaire de la part du fédéral.

Où ira l'argent du Québec ?

Le programme national des garderies est estimé à 8,3 G$ par année, ce qui pourrait représenter près de 2 G$ annuellement pour le Québec.

Le ministre québécois des Finances, Eric Girard, devrait commenter publiquement la compensation financière de la province, mardi.

Mais pour l'instant, la CAQ ne s'est pas engagée à réinvestir ces sommes dans le réseau des Centres de la petite enfance.

Ce flou a d'ailleurs suscité de vives réactions du côté des partis d'opposition.

«J'espère que le ministre [de la Famille, Mathieu] Lacombe, va confirmer qu'il va dépenser cet argent-là justement pour venir en aide à une crise au Québec. On a une vraie crise au Québec», affirme le député libéral Marc Tanguay.

«Il y a aussi d'autres besoins, c'est vrai. C'est au Québec de décider ce qui sera fait de cet argent-là. Mais, je m'attends effectivement à ce qu'il y ait des investissements dans les services de garde au Québec», mentionne Christine Labrie, députée de Québec solidaire.

51 000 enfants patientent encore

Le Québec investit chaque année 3 milliards $ dans le portefeuille du ministère de la Famille. Il y a actuellement 98 014 places en CPE, mais le réseau n'est pas parfait.

On compte toujours 51 000 enfants qui attendent une place subventionnée sur la plateforme «La place 0-5 ans».

Pour les parents, ce manque de places signifie un stress financier immense et surtout une inégalité croissante entre les hommes et les femmes, puisque ce sont plus souvent les femmes qui retardent leur retour au travail.

«Présentement en 2021, on prive des femmes compétentes, formées, éduquées d'aller sur le marché du travail, et ça, c'est extrêmement grave», déplore Myriam Lapointe Gagnon, fondatrice du mouvement Ma place au travail.

Elle estime d'ailleurs que le Québec ne devrait pas être un exemple pour le Canada. «Le projet, au départ, était basé sur de bonnes valeurs, mais il a été victime d'un immense sous-financement», dit-elle.

Ce manque d'argent, les employés du réseau disent le constater tous les jours.

Stéphanie Vachon, présidente du secteur des CPE pour la CSN, demande d'ailleurs que l'argent du fédéral soit utilisé pour bonifier les conditions des employés des milieux de garde et pour revaloriser la profession.

«L'argent ne peut pas aller ailleurs, ça doit rapidement être déterminé», lance-t-elle sans détour.

Une pétition

Notons qu'une pétition devrait être déposée par le mouvement Ma place au travail cette semaine à l'Assemblée nationale concernant la crise des milieux de garde.

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