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«Augmentation spectaculaire» des ITSS, même de la syphilis qui était presque disparue

Malgré les restrictions de contact imposées par la pandémie depuis plus d’un an, les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), dont la syphillis qui était presque disparue, sont en hausse «spectaculaire» chez les moins de 30 ans. 

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Préoccupée par cette augmentation, l’Association médicale canadienne (AMC) a émis une directive invitant les médecins à tester ponctuellement les personnes de moins de 30 ans, actives sexuellement, même si elles sont asymptomatiques et même si elles ne font pas parties d’un groupe à risque. 

«C’est une augmentation spectaculaire!», note le Dr Réjean Thomas, président de la clinique L’Actuel. Entre 2019 et 2020, qui est l’année de la pandémie, on a vu une augmentation de 12% de la chlamydia, de 20% des gonorrhées, et de 57% de la syphilis, une maladie qui était extrêmement rare dans les dernières années.»

Cette hausse des cas est très préoccupante pour le Dr Thomas, surtout parce que la plupart des infections transmises sexuellement ne présentent pas de symptôme.

Pourtant ces maladies ont des conséquences graves pour les personnes touchées. La chlamydia par exemple peut rendre une femme stérile, provoquer des douleurs abdominales chroniques. 

Le Dr Réjean Thomas se désole de constater que beaucoup de patients croyaient que sa clinique L’Actuel était fermée en raison de la pandémie, et qui ont retardé leur dépistage, aggravant certaines maladies. La difficulté d’accès aux médecins de famille a également été constaté dans certains cas.

«Ils ont trainé avant de venir passer le test. On a eu plusieurs cas de neurosyphilis, donc des atteintes du système nerveux central parce qu’ils sont porteurs de la syphilis depuis quelques mois», illustre le Dr Thomas. 

Qu’est-ce qui explique une telle hausse de transmission de ces maladies? L’éminent spécialiste croit qu’un manquement dans le message des autorités de la santé pourrait être en cause. 

«Au début de la pandémie, Dre Tam avait dit ''si vous avez des relations sexuelles, mettez des masques''. Ça aurait été agréable qu’elle rajoute ''mettez des condoms''. C’était le temps de passer le message», note-t-il. 

Les jeunes se sont aussi sentis moins à risque face à la COVID, et ont eu des rencontres. Par ailleurs, l’isolement, l’anxiété, la solitude, la perte d’emploi combinés à la facilité d’avoir des rencontres sexuelles grâce aux réseaux sociaux pourrait avoir contribué au problème. 

«Les réseaux sociaux sont très populaires, les Tinder, les Grindr de ce monde. C’est ce qui fait que l’on voit cette augmentation-là, combiné à des cofacteurs, anxiété, consommation d’alcool, etc», soutient Dr Thomas.  

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