/news/law

Derek Chauvin ira-t-il en appel?

Le verdict est sorti mardi: l’ancien policier Derek Chauvin a été jugé coupable du meurtre de l’Afro-Américain George Floyd à la suite d’un procès très médiatisé au tribunal de Minneapolis. La prochaine étape logique pour l’homme de 45 ans est une procédure en appel dont il s’acquittera sans aucun doute, croit le criminaliste Jean-Pierre Rancourt.

• À lire aussi: George Floyd: soulagement et émotion dans les réactions après le verdict

• À lire aussi: Mort de George Floyd: Derek Chauvin coupable des trois chefs d'accusation

• À lire aussi: George Floyd, de la galère au statut d'icône antiraciste

«C’est sûr que ça va aller en appel, a admis d’emblée Me Rancourt en entrevue avec l’Agence QMI. Maintenant, est-ce qu’il pourra obtenir sa remise en liberté en attendant? Fort possible parce qu’il a toujours été en liberté depuis le début.»

Rappelons que Derek Chauvin, qui a posé son genou sur le cou de George Floyd pendant 9 min 46 s lors de son arrestation, a été rendu coupable des trois chefs d’accusation auxquels il faisait face, soit ceux de meurtre au deuxième degré, de meurtre au troisième degré et d’homicide involontaire.

Deux points qui risquent d’être critiqués sont la tenue du procès au Minnesota, lieu même des actes qui ont fait grand bruit en mai dernier, et la séquestration tardive des jurés.

«Ça fait un an de ça. Les médias passent la vidéo tous les jours et les gens du Minnesota en sont imprégnés. Le juge a décidé quand même de faire un procès avec des jurés qui proviennent de la région. Ça pourrait être un point d’appel», a mentionné Me Rancourt, qui a rappelé que les membres du jury ont pu être «contaminés» par des opinions extérieures avant le procès.

Il y avait beaucoup de pression sur ces jurés. Une représentante de l’État avait même mentionné que si Derek Chauvin était acquitté, la ville de Minneapolis serait mise à feu et à sang.

Cas rare   

Me Jean-Pierre Rancourt est d’avis que le jugement qui a été rendu mardi est bon. Seulement pour l’accusation de meurtre au deuxième degré, l’ancien policier pourrait être condamné à 40 ans de prison.

La condamnation d’un policier est un fait assez rare dans l’histoire judiciaire américaine. Ceux-ci s’en tiraient souvent à bon compte, mais cette fois, même les confrères et le chef de l’accusé ont témoigné contre lui.

«La majorité des cas, les policiers n’avaient pas été accusés. Les procureurs de l’État disaient que c’était justifiable. C’est sûr que les victimes, les parents des victimes étaient bien choqués de ça, mais la majorité [des policiers] n’était pas accusée et s’ils étaient accusés, ils étaient acquittés», a fait savoir Me Rancourt.

Dans la même catégorie