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Montréal ferme la porte au vote par correspondance

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JOEL LEMAY/AGENCE QMI

La Ville de Montréal a fermé la porte à la possibilité de permettre aux personnes âgées de plus de 70 ans de voter par correspondance lors des prochaines élections municipales, en raison des problèmes logistiques que créerait la mesure.

«On s’est fait présenter par les gens qui organisent les élections, des arguments extrêmement sérieux, sur l’impossibilité technique, à si court terme, de faire un vote par correspondance aussi élargi», a souligné mardi François Limoge, conseiller municipal et leader de la majorité à l’hôtel de ville.

Le parti Ensemble Montréal, qui représente l’opposition officielle à l’hôtel de ville, avait déposé une motion demandant à l’administration montréalaise de mettre en place le vote par correspondance pour les prochaines élections municipales, qui se dérouleront le 7 novembre prochain.

«Bien qu’il y ait de la vaccination, il y encore a les variants. On ne sait pas ce que la pandémie nous réserve d’ici six mois. On se doit de se préparer pour valoriser le droit de vote, qui est l’acte le plus fondamental de toute démocratie», avait expliqué, avant le conseil municipal, Lionel Perez, chef de l’opposition à l’hôtel de ville.

Le 25 mars dernier, le gouvernement québécois avait adopté, le projet de loi 85 visant notamment à permettre le vote par correspondance pour les municipalités en faisant la demande, dans le contexte de la pandémie actuelle. La ville de Laval a déjà indiqué qu’elle se prévaudra de la mesure.

La majorité à l’hôtel de ville a toutefois voté contre la mesure, après une présentation d’Élection Montréal qui faisait état des complications liées à l’implantation de la mesure avant les prochaines élections.

Difficile à mettre en place

À Montréal, près de 20 % de l’électorat aurait pu être concerné par la mesure, soit environ 225 000 personnes.

Le président d'Élection de la Ville de Montréal, Me Yves Saindon a indiqué que l’implantation des mesures serait, pour la ville, l’équivalent «d’une entreprise qui doit transformer totalement son modèle d’affaires en quelques mois», s’inquiétant des risques que cela causerait.

«Ça nécessite une transformation majeure de nos opérations, et ça met en doute la garantie d’intégrité qui relève d’Élection Montréal», s’est alarmé Me Saindon, qui a également mentionné que le temps manquait pour mettre en place la mesure d’ici la prochaine élection.

«Nous allons appliquer les mesures sanitaires dans les différents endroits de vote, pour faire en sorte que l’élection en présentiel sera une élection sécuritaire», a-t-il ajouté.

Il a également mentionné que le vote par correspondance devrait être offert à un plus grand nombre d’électeurs, mais «dans un horizon de 2025».

Une motion électoraliste

Professeure à l’UQAM et spécialiste en gestion municipale, Danielle Pilette estime que la motion présentée par Ensemble Montréal représentait moins un enjeu d’accessibilité qu’une position électorale à l’approche des élections.

«Je pense que c’est une motion qui a un caractère très pragmatique. Les personnes âgées sont celles qui votent le plus», a souligné la professeure.

Elle a également rappelé que la clientèle traditionnelle du parti était surtout en périphérie, où il y a davantage de personnes aînées, comparé à Projet Montréal, plus présent dans les quartiers centraux, avec un électorat plus jeune.

Elle s’est également interrogée sur les difficultés qu’occasionnerait la mesure, notamment pour les délais occasionnés par la poste et pour l’authentification des électeurs.

«C’est vrai que le vote par correspondance s’effectue déjà dans certaines municipalités, mais ça se fait dans une échelle réduite et dans des conditions normales. Sur une vaste échelle comme celle de Montréal, la question de l’authentification peut devenir assez importante», a ajouté Mme Pilette.