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Policiers honorés pour leur courage

FD-ACCIDENT-LAVAL

Photo d’archives

Plus de 20 mois après avoir été plongés dans le carambolage monstre de la 440, des policiers de Laval se disent encore marqués par les images de cette scène infernale.

« On entendait le monde crier, mais on ne savait pas ça venait d’où, on voyait le semi-remorque et d’autres véhicules en feu. Il faut penser à notre sécurité, mais on voulait aussi sauver les gens », lance Michael Tremblay, un des premiers policiers à être intervenus sur les lieux du drame.

Ce dernier, ainsi que 13 de ses collègues, a été honoré mardi par le ministère de la Sécurité publique pour avoir fait preuve de courage et de sang-froid lors de cet événement chaotique.

L’après-midi du 5 août 2019, un poids lourd qui roulait à pleine vitesse a tardé à freiner malgré un ralentissement de la circulation et a provoqué un violent carambolage sur l’autoroute 440, près de la bretelle de la 15. Quatre personnes sont décédées et une quinzaine d’autres ont été blessées.

Michael Tremblay

Photo courtoisie, Police de Laval

Michael Tremblay

Panique sur les ondes

Le policier Tremblay terminait son quart de travail lorsque l’appel est entré. Il se souvient encore de la voix paniquée de sa collègue sur les ondes, qui demandait du renfort.

« Elle est normalement super calme. Là, elle criait que ça brûlait, que ça n’avait pas de bon sens », relate l’agent âgé de 33 ans, qui cumule aujourd’hui trois ans d’ancienneté.

Sur place, la scène a des allures apocalyptiques. Des gens hurlent, il y a des véhicules dans le ravin, d’autres qui sont en feu.

« On entendait des explosions. À chaque boum, on se penchait », dit-il.

Malgré tout, le policier Tremblay se rappelle ne pas avoir hésité une seconde à s’approcher du brasier pour aider.

« Tu ne penses pas. T’es tellement entraîné pour être efficace, tu te dis que la priorité, ce sont les victimes, qu’il fallait les sortir de là », explique-t-il, ajoutant trouver cela encore « troublant » de parler de cet événement majeur.

Valérie Laverdure

Photo courtoisie, Police de Laval

Valérie Laverdure

Même son de cloche pour sa collègue, Valérie Laverdure, qui dès son arrivée s’est précipitée vers les véhicules accidentés.

« Avec d’autres agents, on a fait le tour des véhicules pour voir s’il y avait des gens encore à l’intérieur. On était dans la boucane, c’était très noir à cause de la fumée », relate la policière âgée de 36 ans.

Elle a ensuite porté assistance à une femme coincée dans sa voiture écrasée. Ses deux enfants qui l’accompagnaient au moment de la collision avaient été secourus peu avant.

« Elle était vraiment paniquée. Elle nous criait : sortez-moi de là », se rappelle son collègue Michael Tremblay.

Voiture tirée à la main

Des policiers et des pompiers ont tiré à bout de bras la voiture pour l’éloigner des flammes. Valérie Laverdure s’est ensuite faufilée dans la carcasse, afin de porter assistance à la conductrice.

« Je tentais de la stabiliser parce qu’elle était dans une drôle de position. Puis j’ai essayé de la rassurer, je lui disais que ses filles étaient en sécurité », se souvient la policière.

En 16 ans de carrière, l’agente confirme qu’il s’agit de l’événement le plus important durant lequel elle a dû intervenir. 

« On va s’en rappeler toute notre vie. Je ne suis pas restée marquée négativement, mais je vois encore des images » a-t-elle dit.

La police de Laval a remis mardi 17 prix à des policiers, dont 14 sont intervenus lors du carambolage. 


Le conducteur du camion semi-remorque responsable du carambolage, Jagmett Grewal, fait face à huit accusations de négligence criminelle mortelle et causant des lésions. Il doit subir son enquête préliminaire en août prochain.