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Un policier du SPVQ reconnaît avoir filmé une femme et ses enfants majeures

Photo Nicolas Saillant

Un policier du SPVQ a reconnu avoir filmé une femme et les deux enfants majeures de celle-ci à l’aide d’une caméra dissimulée dans la salle de bain parce qu’il craignait qu’elle soit infidèle.  

C’est en sanglot que Denis Gaudreau, policier au Service de Police de Québec a reconnu sa culpabilité à une accusation de voyeurisme. L’homme de 52 ans savait que la reconnaissance de ses gestes allait mettre un terme à sa carrière de policier. 

En mars 2019, la femme avait demandé le mot de passe du iPad de l’accusé afin de l’utiliser pendant qu’il faisait des emplettes. En ouvrant l’appareil, cette dernière a été attirée par une application de caméra de surveillance.  

En ouvrant l’application, la dame a réalisé avec stupéfaction que l’appareil contenant des images d’elle nues, mais également de ses enfants. Environ 20 fichiers vidéo dont 15 contenants de la nudité ont été retrouvés dans le cellulaire, le iPad et une carte SD appartenant à M. Gaudreau.

Aveu

Immédiatement après avoir retrouvé les images, la victime avait confronté le policier qui a admis les faits en assurant qu'il s'agissait de surveillance et non de voyeurisme. Les policiers avaient tout de même été appelé et Gaudreau arrêté. 

En salle de cour, le sergent de police s’est retourné en sanglot vers sa victime pour s’excuser. «Il y a un seul responsable, c’est moi. J’ai pris une très mauvaise décision», a dit celui qui a invoqué la «déformation professionnelle».  

Il a assuré qu’il ne voulait pas faire «du mal» aux enfants de la femme ajoutant qu’il n’y avait aucune intention sexuelle derrière la mise en place de caméra cachée. Cet aspect a été corroboré par l’analyse d’un criminologue qui a rencontré le policier Gaudreau avant son plaidoyer de culpabilité. 

Trahi

Heureusement, les images n’ont jamais été diffusées ce qui a «réconforté» quelque peu les victimes malgré le sentiment de trahison et «l’énorme bris de confiance» qu’elles ont vécu.  

Reste que Gaudreau a reconnu rapidement le «dérapage» et qu’il n’a évidemment aucun antécédent criminel. Cette situation a milité en faveur d’une absolution conditionnelle en plus d’un suivi probatoire de trois ans. Ce que le juge Hubert Couture a qualifié d’Épée de Damoclès. 

En prévision de la perte de son emploi comme policier au SPVQ, Denis Gaudreau, suspendu depuis les faits, entend travailler pour une firme de surveillance privée de même que comme consultant.