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Violence conjugale : Avons-nous fini de jouer à l’autruche?

Stop violence and abused women, traumatized women concept.

Photo Adobe Stock

Avons-nous fini de se mettre la tête dans le sable pour ne pas voir ce qui se passe autour de nous? 

Comment pouvons-nous être surpris que nous soyons rendus à 10 féminicides au Québec alors que nous avons tous les jours, dans notre quotidien, des preuves de violence conjugale envers les femmes et les enfants, mais que nous nous efforçons à ne pas les voir? 

Si vous êtes victime de violence conjugale, contactez SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 ou consultez le https://sosviolenceconjugale.ca/fr 

Nous fermons souvent les yeux, car nous avons tous un abuseur, un manipulateur parmi nous. Que ce soit un collègue, un ami ou un frère, nous en avons tous un dans notre entourage. Mais nous ne voulons pas le voir. C’est souvent celui qui est si gentil, si serviable, tellement drôle, toujours présent, impliqué au sein de sa communauté, celui qui trouve toutes les solutions pour vous. Mais dans l’intimité, il enlève son masque et devient un tyran. 

Nous fermons les yeux de façon consciente et délibérée. Honte à nous! 

La violence conjugale, qu’elle soit physique, verbale, économique, psychologique ou sexuelle, amène la victime dans une souffrance émotionnelle sans pareil et à une détérioration de son état de santé physique. Et que dire des suicides qui ont été provoqués par la violence conjugale subie par les femmes et les enfants? 

Des signes  

Les signes sont pourtant clairs et faciles à repérer. Mais nous nous bandons les yeux, nous ne voulons pas nous en mêler. On banalise le comportement dont nous avons été témoin parce que c’est plus facile pour nous. On se dit que la personne a tout simplement un « gros caractère ». 

Nous avons tous été témoin d’un père de famille qui hurle après son enfant au hockey ou au soccer, mais on ne dit rien. Imaginez comment ce père peut traiter son fils dans l’intimité s’il se permet de crier après lui en public. Mais nous nous taisons. 

Nous connaissons tous également une femme qui a cessé de sourire, car à la maison, elle ne fait que marcher sur des œufs pour éviter des crises de colère inexplicables et imprévisibles. 

Nous avons tous rencontré un enfant renfermé sur lui, qui peine à nous regarder dans les yeux lorsqu’on lui parle, car il subit un rabaissement constant et que son estime de luimême est à son plus bas niveau. 

Nous connaissons tous une personne qui se positionne constamment en victime. Surprise! C’est probablement lui l’abuseur, car une vraie victime a beaucoup trop honte de ce qu’elle a vécu pour se positionner ainsi. La vraie victime est submergée par la culpabilité et est persuadée que personne ne va la croire! 

Et elle a raison, tous les gens autour d’elle ne réagissent pas, pourquoi penserait-elle différemment de nous tous? 

Inconsciemment, nous savons qui sont ces abuseurs. Notre intuition nous dit que quelque chose cloche chez cette personne, mais nous nous laissons enivrer par son charisme qui nous empêche de voir clair. 

Agir avant qu’il ne soit trop tard  

Il est grand temps que les gens dans notre société enlèvent leurs lunettes roses. 

Cherchez autour de vous, soyez lucide, suivez votre instinct, arrêtez de vous faire manipuler et vous le démasquerez. Et agissez avant qu’il ne soit trop tard. La violence conjugale ne se termine pas toujours en féminicide. Elle provoque des chocs traumatiques, massacre l’estime de soi et la victime ne devient que l’ombre d’elle-même. 

Cette violence doit cesser, mais cela passe inévitablement par la prise de conscience individuelle de chacun d’entre nous et d’être assez courageux et authentique pour s’y objecter.

Josée Tremblay, CPA, CMA

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