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Huawei : les audiences de Meng Wanzhou reportées au mois d’août

Une juge canadienne a accepté mercredi la demande d'une cadre de Huawei de reporter au mois d'août la dernière phase des audiences d'extradition vers les États-Unis, pour pouvoir étudier de nouveaux documents susceptibles selon elle de l'innocenter.

Ces audiences, qui devaient commencer le 26 avril et durer trois semaines, reprendront «autour du 3 août», a annoncé la juge Heather Holmes, de la Cour suprême de Colombie-Britannique. La magistrate a indiqué qu'elle justifierait sa décision ultérieurement.

Les avocats de Meng Wanzhou, que les États-Unis veulent juger pour fraude bancaire, avaient fait cette demande d'ajournement lundi après une décision de justice autorisant la banque HSBC à leur transmettre de nouveaux documents.

Leur cliente, directrice financière du géant chinois des télécoms, avait été arrêtée à Vancouver fin 2018 à la demande des États-Unis.

La justice américaine l'accuse d'avoir menti à un cadre de la banque HSBC, lors d'une rencontre à Hong Kong en 2013, sur les liens entre le groupe chinois et une filiale qui vendait des équipements à l'Iran, exposant l'établissement à des sanctions américaines.

Lundi, la défense de Mme Meng a plaidé qu'elle avait besoin d'un délai supplémentaire pour étudier ces nouveaux documents que la justice de Hong Kong a autorisé HSBC à divulguer.

Ces documents pourraient, selon les avocats, montrer que les États-Unis ont délibérément «trompé» le Canada sur les allégations de fraude visant leur cliente.

«Cet ajournement est nécessaire pour assurer une équité fondamentale», avait estimé Richard Peck, l'un des avocats de Mme Meng.

Le ministère public canadien avait demandé à la juge de rejeter cette demande «déraisonnable».

«C'est la dernière tentative en date de transformer cette procédure en un procès criminel qui devrait se tenir» aux États-Unis, a estimé l'accusation dans un document publié lundi à l'audience. «Elle repose sur des allégations non confirmées (...) fermement contestées par l'accusation».

Huawei avait annoncé le 12 avril dernier avoir trouvé un accord avec la banque HSBC à Hong Kong pour obtenir de nouveaux documents dans cette affaire, après avoir essuyé un échec lors d'une demande similaire devant un tribunal de Londres en février dernier.

L'arrestation de Meng Wanzhou à l'aéroport de Vancouver, suivie quelques jours plus tard en Chine par celle de deux Canadiens accusés d'espionnage et récemment jugés, a provoqué une grave crise diplomatique entre Pékin et Ottawa.