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Longue attente pour les greffes d'organes

Nous sommes en plein cœur de la semaine de sensibilisation au don d'organes et de tissus. En raison du délestage de la dernière année, c’est une période d'angoisse pour ceux en attente d'une greffe, qui sont devant l'inconnu, mais les besoins, eux, grandissent et le nombre de donneurs est insuffisant.

Le temps est précieux pour Marie-Claude Camirand. L'ancienne conseillère municipale de Trois-Rivières espère sa greffe de rein depuis plus d'un an, en raison du délestage.

«Chaque mois que je passe à faire de la dialyse vient raccourcir mon espérance de vie. Nous étions prêts pour l’opération l’an dernier, mais la pandémie vient raccourcir ma vie», a-t-elle mentionné à TVA Nouvelles, mercredi.

Devant les délais, elle et son donneur doivent donc repasser les examens et c'est le néant concernant la date de son opération.

«Nous étions prêts il y a un an, a révélé Mme Camirand. Mais là, je n’ai aucune idée quand ça sera mon tour. Pendant ce temps, on va repasser les examens et on va encore engorger le système. J’espère avoir l’appel d’ici la fin de l’année, mais j’y crois de moins en moins.»

Du côté de Transplant Québec, on tente de reprendre le même rythme d’avant la période de délestage. L’organisme fonctionne actuellement de façon normale, mais ça pourrait vite changer selon le directeur médical, Dr Matthew Weiss.

«Nous opérons normalement, mais avec la troisième vague, je ne peux pas dire si ça sera le cas demain ou la semaine prochaine. Ça change tellement vite», a-t-il dit.

Marie-Claude Camirand n'est pas la seule dans cette situation d’angoisse. En Mauricie et au Centre-du-Québec, 38 personnes sont en attente d'une greffe, dont plus de 60% pour un rein. Une hausse de cinq par rapport à 2019.Pour greffer, cependant, il faut des donneurs, et ils sont une denrée rare au Québec, a ajouté Dr Weiss. «On manque de donneurs. Il y a environ 800 personnes qui sont en attente. Si 92% des gens se disent favorables au don d’organes, c’est en réalité 60% qui sont prêts à passer à l’acte.»

Et pourtant, ce geste sauve des vies. Comme celle de l'infirmière Amely Ayotte. La femme de 38 ans qui travaille pour le CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec a reçu une greffe du rein il y a 17 ans. Ce cadeau de la vie lui permet aujourd'hui de vivre et d'aider dans le réseau de la santé.

«Je sais ce que les gens peuvent vivre, la fatigue, la déprime, la prise de médicaments. Mais quand l'opération arrive, ça change une vie et ça permet de rêver à nouveau», a-t-elle promis.

Depuis le début de l'année, les organes de deux donneurs de la région ont profité à six autres personnes de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Or, la bataille est loin d'être gagnée et la collaboration des familles est demandée. C’est que selon Transplant Québec, 20% des familles refusent le don d'organes malgré la volonté du proche décédé.