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Ottawa doit doubler ses efforts environnementaux, clament des écologistes

Photo d'archives, Agence QMI

Des groupes écologistes ont réclamé, mercredi, qu'Ottawa double sa cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), à la veille du sommet climatique organisé par le président américain Joe Biden à l'occasion du Jour de la Terre, jeudi. 

Les différents signataires ont dévoilé une étude démontrant, à leur avis, que le Canada peut réduire de 60 % ses émissions de GES sous la barre de celles de 2005 sans ruiner son économie, au contraire. Rappelons que l'objectif actuel du gouvernement Trudeau se limite à une diminution de 30 % sous les émissions de 2005.

Pour y parvenir, les groupes écologistes réclament l'adoption d'une foule de mesures fiscales et politiques afin d'inciter les Canadiens et les entreprises à se verdir.

Notamment, ils proposent de doubler, voire tripler la controversée taxe sur le carbone, instaurée par les libéraux, mais que les conservateurs promettent de supprimer.

«Pour que l’objectif de la "juste part" soit atteint, les émissions doivent diminuer de 8 % annuellement entre 2020 et 2030. En vertu des règlements en vigueur, la tarification du carbone en 2030 serait de deux à trois fois la tarification actuellement proposée de 170 $ la tonne [en 2030]», peut-on lire dans l'étude.

Par ailleurs, les environnementalistes réclament que le Canada cesse progressivement de produire du pétrole et du gaz au cours des deux prochaines décennies, une décision qui changerait le visage de l'Alberta et de la Saskatchewan.

Oil Pump Silhoutte

Photo Alexey Klementiev, Fotolia

En tablant sur une hausse massive de la taxe carbone, les groupes jugent que la production de pétrole en Alberta chuterait de 93 % en 2030 par rapport à celle de 2020. Malgré tout, le PIB de la province dépendante des sables bitumineux continuerait de croître au rythme de 1,9 % par année, contre 1,8 % en moyenne au pays, selon la modélisation.

«L’économie albertaine est plus diversifiée qu’on le croit», ont avancé les auteurs de l'étude en admettant que ce résultat est «contre-intuitif».

«Au cours des six dernières années, les travailleurs et les collectivités de l’Alberta et de la Saskatchewan dépendants des combustibles fossiles ont vécu beaucoup d’angoisse et d’incertitudes, mais les pertes d’emploi ont davantage été en rapport avec l’automatisation de l’industrie, le prix du pétrole et la réduction de la taille des entreprises plutôt que les politiques climatiques», ont-ils cependant noté.

Des investissements massifs des entreprises et des citoyens dans les technologies vertes permettraient de supplanter les impacts de la transition vers une économie carboneutre, croient les groupes.

L'étude, menée par EnviroEconomics et Navius Research, a été commandée par le Réseau Action Climat Canada, le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, Ecology Action Centre, Environmental Defence, Équiterre, Stand.earth et West Coast Environmental Law.