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Pichenettes aux oreilles: un youtubeur québécois fera face à une nouvelle accusation

Capture d'écran

Capture d’écran, YouTube

Le youtubeur québécois qui risque la prison pour un gag où il donnait de pichenettes aux gens sera accusé de non-respect des conditions, pour avoir commenté l’affaire sur les réseaux sociaux alors que cela lui était interdit. 

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«Il n’a absolument rien compris!» s’est exclamé la procureure Me Maryse Paquette, ce mardi, à la cour municipale de Montréal, en réitérant que Lamine Zidani devait aller en prison.

Zidani, mieux connu sous son pseudonyme Lamz, est un populaire youtubeur québécois avec 443 000 abonnés qui suivent ses vidéos de blagues douteuses, comme dans certaines où il fait semblant de péter sur des gens à l’épicerie. En tout, ses vidéos ont été vues 34 millions de fois et elles lui rapportent environ 500$ par mois en revenus publicitaires.

Or, un sketch réalisé en octobre 2018 à la bibliothèque du Collège Dawson à Montréal s’est retourné contre lui. Dans son gag, il s’est fait filmer en train de donner des pichenettes aux gens, sauf que l’un d’eux l’a mal pris. Et à la place de s’excuser, Zidani a menacé l’homme en lui disant qu’il allait «casser [son] ordi sur [sa] tête» puis, en partant, il a dit à une responsable qu’il allait la frapper. Cela lui a valu des accusations de voies de faits et de menaces, pour lesquelles il a plaidé coupable.

«Il a été intimidateur, il a eu un comportement menaçant et agressif, et en plus, il l’a publié, a plaidé Me Paquette. Comment ne peut-il pas penser que c’est humiliant [pour les victimes]?»

Condition brisée 

En attendant la fin des procédures, Zidani s’était engagé à ne pas commenter son dossier. Or, il aurait brisé cette condition en mettant en ligne une publication éphémère sur Instagram, le 29 mars dernier.

«C’est la victime qui a enregistré la publication», a affirmé la poursuite en déplorant que le processus judiciaire ne semble pas avoir poussé le youtubeur à «faire une introspection».

Elle a donc réitéré sa demande que Zidani soit condamné à la prison, jusqu’à six mois, pour qu’il comprenne la portée de ses gestes.

«Il faut dénoncer ce comportement voulant qu’on puisse faire carrière et gagner de l’argent en étant intimidateur», a plaidé la poursuite en rappelant qu’il ne s’agissait pas d’un cas isolé.

Agent de sécurité 

C’est que dans d’autres vidéos, Zidani accroche des gens dans des corridors ou leur lance des couvertures. Et dans une autre, il est déguisé en agent de sécurité et conseille à un enfant de voler des objets.

Me Antonio Cabral de la défense a pour sa part réitéré que, selon lui, Zidani mériterait une absolution conditionnelle à des travaux communautaires. Cela permettrait à son client de poursuivre ses démarches pour redevenir agent de sécurité, lui qui a déjà brièvement occupé cet emploi. Sans absolution, il lui sera impossible d’y parvenir.

«Même ainsi, il devra attendre trois ans avant de pouvoir faire la demande, a plaidé l’avocat. Il veut se reprendre en main, c’est quelqu’un qui n’a pas d’antécédents criminels.»

Zidani, de son côté, s’est à nouveau excusé pour ses «erreurs» et les «œuvres parfois stupides» qu’il a tournées.

Mais si Zidani a assuré avoir fait des démarches pour redevenir agent de sécurité, la poursuite a noté que ses derniers gestes en ce sens remontaient à décembre 2019, doutant de la volonté de l’accusé de vraiment vouloir changer.

La juge Katia Léontieff rendra sa décision en juin.

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