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Un premier cas de variant indien découvert en Mauricie et Centre-du-Québec

Un premier cas du variant indien de la COVID-19, qui se répand comme une traînée de poudre en Inde, a été détecté au Québec.

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Ce nouveau variant a été détecté chez un patient de la Mauricie-Centre-du-Québec. Il s'agit à la fois du premier cas au Québec et, par le fait même, au Canada, a confirmé mercredi l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

L'INSPQ a précisé qu'il ne sera pas placé, pour le moment, sous surveillance rehaussée, «car il ne présente pas d’impact épidémiologique ou clinique démontré».

De son côté, le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec a souligné que la personne infectée avait été vaccinée et qu'elle s'est remise de son infection.

Résistant aux vaccins?    

Le variant indien, apparu en décembre dernier dans la province du Maharashtra en Inde, représentait entre 15 et 20 % des cas séquencés dans la région en date du 24 mars dernier. Depuis, sa prévalence atteindrait jusqu'à 60 % des cas recensés, a expliqué «The Guardian» lundi.

Surnommé le «double mutant», le B.1.617. possède deux mutations clés: le L452R qui peut aider le virus à échapper à certains anticorps de la vaccination, tandis que le E484Q présente des similitudes avec la E484K qui contribue à rendre le variant sud-africain partiellement résistant aux vaccins.

Cette baisse d'efficacité potentielle trouble le ministre de la Santé, Christian Dubé. «[Ce variant] nous inquiète un peu plus que les autres parce qu'on sait qu'il réagit moins bien aux vaccins que l'on a présentement», a-t-il dit en entrevue avec TVA Nouvelles.

Ce dernier aimerait voir la frontière fermée aux ressortissants indiens, le temps d'en savoir plus sur la nouvelle mutation.

«On fait beaucoup de pression [sur le fédéral] pour être capable de voir si on pouvait fermer certaines frontières [...] Ça nous préoccupe beaucoup et on pousse beaucoup pour avoir cette interdiction dans les prochains jours», a révélé le ministre Dubé.

Plus tôt mercredi, l'administratrice en chef de la Santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, avait entrouvert la porte à un resserrement de la frontière avec l'Inde.

Rappelons que ce pays est devenu l'un des épicentres de la pandémie, avec près de 300 000 cas et plus de 2000 morts annoncés seulement mercredi.

Pas de panique   

Il n'y a toutefois pas lieu de paniquer pour le moment. «Je ne crois pas que l'efficacité des vaccins sera complètement réduite. Je pense qu'il y aura une diminution de leur efficacité. Au lieu de 90, 95 %, on aurait des taux moindres», a expliqué le virologiste et professeur à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) Benoit Barbeau, en entrevue avec l'Agence QMI.

Par ailleurs, les fabricants de vaccin ont la possibilité d'ajuster rapidement leur produit. C'est tout particulièrement vrai pour Moderna et Pfizer qui ont développé des vaccins à ARN messager, basé sur l'ADN du virus, qui peuvent être rajusté en un rien de temps

«C'est extrêmement rapide [...]. Moi-même, je peux faire ça en une journée dans mon labo. En plus, il n'y a pas de besoin d'arriver avec des phases cliniques de tests», a souligné le professeur Barbeau, qui tablerait sur quelques semaines pour que les compagnies s'ajustent, au besoin.

En attendant, les capacités de ce variant demeure plutôt incomprises, tant pour sa contagiosité que pour le risque de mortalité qu'il pose.

«On pense qu'il n'est pas aussi transmissible que le virus original. [...] Ça se peut fort bien que le variant soit plus transmis en raison des comportements en Inde», a noté le professeur en évoquant la capacité moindre du système de santé indien à séquencer les génomes du SRAS-CoV-2 pour suivre l'évolution de ses variants.

Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Jacques Lapierre, virologue à la retraite, sur QUB radio:  

Cinq variants    

Ce faisant, le Québec cumule désormais au moins cinq variants du SRAS-CoV-2 actif sur son territoire. La très grande majorité des cas sont liés au variant britannique B.1.1.7, réputé plus contagieux que la version originale du virus, tandis qu'une éclosion en Abitibi-Témiscamingue avait généré plusieurs cas du variant sud-africain B.1.351.

Les variants brésilien P.1 - dominant en Colombie-Britannique - et nigérian B.1.525 ont aussi été détectés au Québec, mais avec seulement une poignée de cas confirmés.

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) estime que quatre cas sur cinq de COVID-19 détectés au Québec lors des sept derniers jours sont liés aux divers variants présents dans la Belle Province. C'est donc dire que ceux-ci ont supplanté la souche originale du virus au sein de la population.

À ce jour, quelque 24 360 cas de variants ont été détectés au Québec par criblage, mais seulement 3443 ont fait l'objet d'un séquençage permettant de déterminer de quel variant il s'agit.

Les mutations étant on ne peut plus normales pour les virus, il faut s'attendre à ce que d'autres apparaissent encore et soient détectés prochainement, a précisé Benoit Barbeau.

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