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Brésil 3 000 morts par jour et nouveau variant amazonien

Le Brésil est entré depuis une semaine sur un plateau très élevé à près de 3 000 décès quotidiens de COVID-19, après plusieurs mois de hausse vertigineuse des courbes de décès et de contaminations.

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«Les courbes se sont apparemment stabilisées, mais à un niveau très préoccupant, avec un nombre de décès encore extrêmement élevé», explique à l'AFP Mauro Sanchez, épidémiologiste de l'Université de Brasilia.

Le Brésil, deuxième pays le plus endeuillé au monde en chiffres absolus par le coronavirus, avec près de 385 000 morts, a enregistré en moyenne 2 799 décès quotidiens sur les sept derniers jours, et ce chiffre est resté sous les 3 000 depuis le 15 avril.

La moyenne de contaminations journalières, qui avait dépassé les 75 000 nouveaux cas fin mars, est à présent passée sous les 65 000.

Le nombre de morts et de contaminations a commencé à augmenter de façon exponentielle à partir de janvier, notamment en raison de la circulation du variant amazonien, le P1, plus contagieux.

Malgré cette «apparente stabilisation» depuis une semaine, Mauro Sanchez avertit tout de même du risque de voir les courbes repartir à la hausse, en raison des fêtes de Pâques, les effets n'étant ressentis que quelques semaines plus tard.

«S'il y a eu beaucoup de rassemblements lors de ces fêtes, cette stabilité pourrait n'être que temporaire», prévient-il.

Plateau interminable

Mais ce spécialiste craint surtout que le Brésil soit à nouveau entré sur un plateau élevé interminable, comme l'an dernier, quand le pays a compté plus de 1.000 décès en moyenne par jour de juin à août.

«Avec la deuxième vague, les courbes ont commencé à remonter en novembre et cette hausse est devenue très brusque à partir de janvier, et nous avons atteint ce niveau très élevé. On ne peut pas banaliser ces chiffres et dire qu'une journée à 2.500 morts est une bonne chose», estime-t-il.

Depuis plusieurs semaines, les mesures de restriction ont commencé à être levées dans de nombreux États, notamment ceux de Sao Paulo et Rio de Janeiro.

«Parfois, cette levée des restrictions est peu significative, par exemple l'autorisation d'ouverture des bars deux heures plus tard. Mais ce qui est inquiétant, c'est le message que cela envoie à la population, qui finit par se relâcher et s'exposer davantage au virus», conclut M. Sanchez.

Le président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui n'a cessé de minimiser la pandémie, est critiqué de toutes parts pour sa gestion de la crise sanitaire et une Commission d'enquête parlementaire (CPI) doit commencer à se pencher la semaine prochaine sur des «omissions» du gouvernement.

Le Brésil compte déjà le pire taux de mortalité des Amériques et de l'hémisphère sud, avec 182 morts de COVID-19 pour 100.000 habitants, devant les États-Unis (172).

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