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Contrat accordé sans compétition à PetalMD: Legault contredit le ministère de la Santé

François Legault soutient que le contrat de gré à gré avec une entreprise liée au cofondateur de la Coalition avenir Québec Charles Sirois était justifié par la pandémie, contredisant ainsi le ministère de la Santé qui l'a octroyé.

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«Ce qu’on voulait, c’était qu’il y ait moins de citoyens qui se rendent à l’urgence et plus qui aillent voir leurs médecins de famille en passant par ce site de réservation», a affirmé le premier ministre au sujet du contrat donné à PetalMD.

Ce contrat, d’une durée exceptionnelle pouvant aller jusqu’à 12 ans, donne à l’entreprise le monopole technologique, un hub, pour faciliter la prise de rendez-vous en ligne avec les médecins.

Or, questionné par notre Bureau d’enquête, le ministère de la Santé a confirmé qu’il n’y avait pas de lien avec la pandémie lors de l’approbation par le conseil des ministres. Qui plus est, l’entreprise est détenue à hauteur de 5 % par le cofondateur du parti du premier ministre Legault, la Coalition avenir Québec (CAQ), soit l’homme d’affaires Charles Sirois.

«Les justifications pour l'obtention de ce contrat [...] sont la disponibilité rapide, et le seul qui pouvait rencontrer les temps, pour un outil qui est extrêmement important et nécessaire, surtout en ces temps de pandémie», a pourtant insisté, au Salon bleu, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.

Cette affaire doit toutefois faire l’objet d’une enquête approfondie, estiment les partis d’opposition, à commencer par la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, qui aimerait voir l’Autorité des marchés publics se mêler du dossier.

«Il y en a combien d'autres [des contrats comme ça]? Combien d'enquêtes il va falloir faire? C'est inacceptable que l'on se retrouve dans une situation avec un contrat de 36 millions donné de gré à gré en prétextant une urgence sanitaire», a-t-elle déploré en point de presse, jeudi.

«Bien sûr que la pandémie nécessitait, particulièrement au début, des actions rapides, croit pour sa part la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé. Mais si le ministère de la Santé dit que ça n'avait pas de lien avec la pandémie, c'est quoi l'affaire là?»

Le Parti québécois demande à la commissaire à l'éthique et à la déontologie de se pencher à nouveau sur l’octroi de ce contrat. Elle a déjà conclu que le gouvernement n’a enfreint aucune règle ni favorisé abusivement l’entreprise liée à Charles Sirois, lorsqu'elle a été informée par le ministre Lionel Carmant lui-même. Certaines informations qui lui ont été fournies étaient toutefois inexactes, selon ce qu'a révélé le Bureau d'enquête du «Journal».

«On va attendre d'avoir l'ensemble de l'information, mais il est clair que, si on trouve qu'il y a des irrégularités, il faudra l'annuler», a ajouté le porte-parole du parti en matière de santé, Joël Arseneau.