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Coupable d’agression sur un nain, il se dit stigmatisé en prison

Bloc Justice

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L’homme reconnu coupable d’avoir agressé sexuellement une personne de petite taille au Centre de détention de Québec a fait une demande pour que sa sentence soit réduite en raison des stigmates qu’il subit depuis la médiatisation de son crime. 

Les gestes reprochés remontent à l’automne 2018 alors que Jonathan Bertrand-Beaulieu était incarcéré dans l’aile 14-gauche de la prison d’Orsainville où était également détenu un homme de petite taille d’à peine 110 livres.

Bertrand-Beaulieu, un colosse de 200 livres, avait utilisé sa victime comme un véritable « toutou ». 

De multiples « prises du sommeil » ont été faites par l’accusé qui utilisait son sexe pour frapper sa victime au visage en plus de lui insérer des objets dans l’anus.

Ses crimes ont suffisamment dérangé les codétenus pour qu’ils brisent l’habituelle Omerta qui règne en prison et dénoncent l’homme de 29 ans. 

Une requête

Toujours à l’étape de la détermination de la peine près de deux ans plus tard, voilà que Bertrand-Beaulieu a présenté une requête en diminution de peine en raison des stigmates qu’il subit depuis la médiatisation de son crime.

Toujours en détention, l’homme dit avoir été intimidé et la cible de moqueries, se faisant traiter de tous les noms. 

Il a raconté notamment s’être fait ébouillanter et battre par trois codétenus. Il se plaint aussi d’avoir été envoyé « au trou » et en protection.

Il « joue les gros bras »

Sauf que la couronne a fait valoir que l’accusé « joue les gros bras » dans toutes les ailes où il passe. Plusieurs rapports disciplinaires laissent croire qu’il fait régner un climat de terreur.

La procureure Mélanie Tremblay a notamment fait état d’un épisode, en avril 2020, où Bertrand-Beaulieu « se fâche et impose à tout le secteur de ne pas manger pour le soutenir ».

Les agents correctionnels indiquent aussi avoir entendu le détenu avoir des propos homicidaires et qu’il détenait un « pic ». Dès qu’il quitte un secteur, les agents remarquent une baisse de pression dans l’aile où il se trouvait. 

« Il joue aux gros bras et ça finit par se retourner contre lui », a fait valoir la procureure. « C’est M. Bertrand-Beaulieu qui est le problème », a-t-elle plaidé. 

La couronne exige une peine de huit ans de détention pour les crimes de voies de fait graves, agressions sexuelles et menaces.

À l’inverse, l’avocat de l’accusé, Me Mathieu Giroux, affirme qu’une sentence de trois ans est suffisante. La couronne demande aussi qu’il soit considéré comme délinquant à contrôler pendant dix ans.

La juge rendra sa sentence d’ici l’été.