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En quête de réponses sur la mort de leur fille

Famille Saleh

Photo courtoisie

Les parents d’une jeune ergothérapeute fauchée à mort par un autobus à Montréal déplorent nager encore en plein néant quant aux circonstances de l’accident trois mois après le drame. 

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«Nous sommes complètement dans le noir face à ce qui est arrivé, comment c’est arrivé et pourquoi c’est arrivé. Pour nous, ça aurait dû être évité», indique au bout du fil la mère de Yasaman Salehi, Laleh Tajrobehkar.

La jeune femme de 27 ans a été frappée par un autobus de la société de transport exo le 22 janvier dernier, à l’heure de pointe, près des rues Mansfield et Saint-Antoine Ouest au centre-ville de Montréal. 

Le chauffeur ne se serait pas rendu compte de l’impact sur le moment.

Ce jour-là, Yasaman Salehi portait pourtant une veste d’un rouge éclatant, rapporte sa mère. 

La Montréalaise d’origine iranienne a été transportée à l’hôpital dans un état critique. En cas de survie, ses blessures l’auraient laissée dans un état végétatif pour le restant de ses jours. 

Avant de la «débrancher», ses parents ont consulté quelques experts dans l’espoir de trouver une autre solution, en vain.

La victime était ergothérapeute au Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-MacKay. 

Ce devait être elle qui s’occupe de son plus jeune frère atteint du trouble du spectre de l’autisme, une fois que ses parents ne seraient plus en mesure de le faire. 

«Ça a affecté tous nos plans de vie, dit Reza, son père. Notre fille était la chose la plus précieuse que nous avions.»

«Elle était au sommet de sa vie», souffle-t-il.

Désirant redonner à la société comme leur fille le faisait, les parents ont lancé une campagne pour amasser des fonds qui seront remis à des banques alimentaires.

De nouvelles mesures 

À la suite de la mort de Yasaman Salehi, exo assure avoir mis en place de nouvelles mesures de sécurité. 

Par exemple, deux inspecteurs sont présents en tout temps au terminus «pour sécuriser et contrôler les mouvements piétons dans les zones interdites». 

Il a été aussi rappelé aux chauffeurs d’être plus attentifs aux piétons dans les boucles de bus. La société a lancé par ailleurs une campagne virtuelle portant entre autres sur les angles morts.

«Nous prévoyons que la zone autour du terminus Mansfield sera fortement perturbée dans les mois à venir, en particulier pour les piétons, en raison des travaux du REM», a précisé la conseillère aux relations médias Catherine Maurice.

«Pour nous, [ces mesures] sont un aveu de culpabilité», estime la mère de la victime.

Chauffeur suspendu 

Le chauffeur n’avait pas retrouvé son poste à la suite de l’accident, ayant été suspendu par son employeur, Transdev Canada, le temps de l’enquête. Toutes les mesures de sécurité étaient respectées, indique-t-on.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a affirmé de son côté avoir écarté toute responsabilité criminelle de la part du chauffeur.

L’enquête du Bureau du coroner est toujours en cours.