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«Je ne m’attendais pas à voir autant de sang»

L’agent Yannerick Litalien-Forest de la police de Mascouche a livré au palais de justice de Joliette sa version troublante et émotive en lien avec le meurtre de Jaël Cantin, 33 ans, une mère de famille, qui aurait été assassinée le 16 janvier 2020 par son conjoint Benoit Cardinal qui subit son procès devant un jury.

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À son arrivée à la résidence du chemin des Anglais, l’agent Litalien-Forest constate la présence de Benoit Cardinal au sol «qui a des spasmes, il crie, il semble en douleur. Je ne suis pas resté longtemps auprès de lui, je suis allé dans la chambre, car l’agente Catherine Harel m’interpelle. En entrant, je constate la scène, je ne m’attendais pas à voir autant de sang. Il y a une mare de sang autour de sa tête. Toutes les blessures sont concentrées au niveau du visage et de la tête», déclare-t-il.

Le policier Litalien-Forest poursuit son témoignage en expliquant les manœuvres de réanimation. Or avant de se mettre à genou près de la victime, il doit mettre une douillette par terre, car il y a une flaque de sang au sol. Il sent le sang qui vient mouiller leur pantalon. Il amorce par la suite les manœuvres. Il branche les électrodes et fait les compressions thoraciques. Il prodigue des manœuvres pendant dix minutes. 

«Il n’y avait pas de trace de bagarre dans la chambre, les meubles n’étaient pas déplacés, pas de désordre particulier», constate l’agent Litalien-Forest. 

«Mon objectif est de soigner les victimes, de trouver un suspect ou de confirmer qu’il n’y en avait pas. Il y avait plusieurs hypothèses à mon arrivée, dont l’invasion de domicile», explique le témoin. 

«J’ai ouvert les tiroirs, il y avait des bijoux, mais rien ne semblait avoir été volé, j’ai trouvé deux passeports dans un tiroir dont celui de Benoit Cardinal. J’ai donné cette information sur nos ondes afin que la répartition puisse faire des vérifications avec ce nom.»

Le policier raconte s’être rendu dans la cour arrière de la maison afin de voir s’il n’y a pas de traces de pas dans la neige. Il a établi un périmètre dans la cour. 

Le policier restera 2h30 avec les enfants

L’agent Yannerick Litalien-Forest a raconté avec émotion les 2h30 qu’il a passé avec six enfants.

«Les enfants venaient de vivre un événement traumatisant. Certains ont témoigné des images qu’ils ont vues. Ils ont beaucoup de questions concernant les véhicules de police qui arrivaient, le gros autobus de la SQ et les ambulances. C’est souvent la même question qui revient, ils me demandent si on a trouvé le méchant. Je leur dis que les policiers font des recherches.»

Le policier a terminé son témoignage.