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Peu d’appétit pour des Jeux olympiques à Québec

En dépit d’un environnement résolument défavorable à leur projet, les partisans d’une candidature de Québec pour les Jeux olympiques d’hiver de 2030 ont lancé jeudi leur campagne de mobilisation.

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Après le maire de Québec, Régis Labeaume, qui a complètement fermé la porte à cette éventualité, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, a accueilli très froidement l'idée d'une candidature de Québec.

«J’ai tendance à penser, comme M. Labeaume, que l’on n’est pas là, nous autres, pour l’instant», a-t-elle déclaré aujourd'hui en marge d’une annonce, disant craindre un projet qui serait à la fois «coûteux» et «compliqué».

Or, pendant une trentaine de minutes, lors d’une conférence de presse virtuelle, c’est justement le contraire que le mouvement Québec 2030, un groupe de gens d’affaires, a tenté de démontrer, en s’appuyant sur une réforme olympique censée offrir plus de flexibilité.

Les athlètes olympiques Kim Lamarre, Charles Hamelin et Mikaël Kingsbury sont aussi venus témoigner leur appui au mouvement.

Autre embûche

Mais une autre embûche pointe à l’échelle nationale, le Comité olympique canadien (COC) semblant actuellement préconiser une nouvelle candidature de Vancouver en vue du rendez-vous de 2030, a reconnu Mark Charest, fondateur de l’initiative québécoise.

Celui-ci a d’ailleurs décoché une flèche à Régis Labeaume, déplorant que «le Comité olympique canadien ait eu une réponse négative du maire de Québec», ce qui «n’aurait jamais dû être ou arriver».

Pourtant, avec un contrôle serré des dépenses et en utilisant les infrastructures existantes — y compris le Massif de Charlevoix, avec quelques ajustements — ou encore démontables, on peut réduire la facture, fait valoir Québec 2030.

Pour les épreuves de bobsleigh et de saut à ski, pour lesquelles la région n’a pas les équipements nécessaires, il propose de nouer des partenariats avec d’autres villes, comme Calgary ou Vancouver.

Or, si Québec 2030 dit avoir eu des «échanges» avec d’autres villes, il n’a pas été possible de savoir lesquelles.

Le regroupement compte une douzaine de directeurs, tous des personnalités d’affaires, mais n’a toutefois plus dans ses rangs Marie-France Poulin, vice-présidente de la société d’investissements Camada.

«Son mandat est maintenant terminé. Elle demeure impliquée comme collaboratrice», a brièvement commenté M. Charest.

Cinq milliards de dollars

En se basant sur les candidatures canadiennes précédentes, l’organisme calcule que des Jeux à Québec nécessiteraient un budget de 5 milliards de dollars et auraient le potentiel d’injecter jusqu’à un milliard de dollars dans l’économie de la région. Le tout sans déficit, assure-t-on.

Le temps presse pour convaincre toutes ces instances, car le dépôt formel de la candidature doit normalement se faire avant la mi-2023.

«Idéalement, il faudrait qu’on ait aligné notre flûte avec la mairie à la fin de l’été ou à l’automne pour que l’on puisse tomber en mode précandidature ou candidature», a dit M. Charest.

Mark Charest, qui s’est entre autres impliqué pour le retour de la LNH à Québec il y a plusieurs années, a confirmé avoir communiqué avec des candidats et l’opposition à l’hôtel de ville pour les informer de sa démarche. Toutefois, il n’a pas précisé s’il voulait en faire un enjeu électoral, à l’approche du scrutin municipal de novembre.

Plus largement, «tous les gouvernements sont au courant de notre démarche, de notre existence», a-t-il signalé.

«C’est un projet de société mobilisateur, porteur, qui offre un but commun à toute notre population, québécoise et canadienne», a-t-il vigoureusement défendu.

– Avec la collaboration de Taïeb Moalla