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Pour les compagnies aériennes américaines, l'été s'annonce prometteur

Avec l'accélération de la vaccination contre la COVID-19, les ventes de billets d'avion des compagnies américaines ont commencé à redécoller. Si les voyages d'affaires et les vols internationaux restent encore à la traîne, certaines espèrent gagner de nouveau de l'argent dès cette année.

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«Même si la pandémie n'est pas terminée, nous pensons que le pire est derrière nous en ce qui concerne la sévérité de son impact sur la demande pour les voyages», a estimé jeudi le PDG de Southwest, Gary Kelly.

Au premier trimestre, le chiffre d'affaires des compagnies est resté nettement en retrait par rapport à la même période en 2020: -53% chez American Airlines, -60% chez United Airlines, -60% chez Delta et -52% chez Southwest.

American a perdu 1,25 milliard de dollars, United 1,4 milliard, et Delta 1,2 milliard. Southwest est parvenu à dégager un bénéfice net de 116 millions de dollars grâce à plus d'un milliard de dollars d'aides versées par le gouvernement.

«La situation reste difficile pour l'ensemble du secteur (...). On n'aime pas perdre autant d'argent», a reconnu Doug Parker jeudi dans une interview sur la chaîne CNBC. Mais il y a clairement eu «une accélération à la fin du trimestre», a-t-il ajouté.

Après une certaine stagnation en janvier et février, toutes les compagnies ont vu un net redressement des réservations en mars, au fur et à mesure des progrès de la campagne de vaccination, déjà administrée à la moitié des adultes aux États-Unis, mais aussi de la réouverture des attractions touristiques.

Chez American, le regain de demande a été tiré par les voyages de loisirs aux États-Unis, au Mexique, dans les Caraïbes et en Amérique latine.

Cette embellie a permis aux compagnies de limiter le montant d'argent qu'elles perdent chaque jour.

American a réduit le rythme auquel elle brûle ses liquidités sur l'ensemble du trimestre. Il est passé de 27 millions de dollars par jour en moyenne sur le trimestre, à seulement 4 millions par jour en mars.

Southwest espère arrêter de perdre chaque jour plus de liquidités qu'il n'en gagne «d'ici juin».

Delta prévoit un retour à la rentabilité au troisième trimestre.

United Airlines anticipe pour sa part de retrouver un bénéfice net quand la demande pour les voyages d'affaires et les vols internationaux reviendra à environ 65% de son niveau de 2019 - contre moins de 20% actuellement.

L'incertitude reste grande sur ce sujet

Pour Scott Kirby, le patron d'United, les voyages d'affaires pourraient commencer à reprendre à l'automne, parallèlement au retour des enfants à l'école et des employés au bureau, et à se redresser vraiment en janvier, quand les entreprises auront recommencé à les prévoir dans leurs budgets.

Les vols long-courriers sont quant à eux «complètement dépendants de la réouverture des frontières», a-t-il estimé lors d'une conférence téléphonique mardi.

Quand United Airlines a annoncé la veille de nouveaux vols vers la Grèce, l'Islande et la Croatie, qui accueille de nouveau les touristes à condition qu'ils montrent une preuve de vaccination contre la COVID-19 ou d'un test négatif, la compagnie a enregistré le jour même 3 000 réservations.

Si Washington et Londres décidaient de lever les restrictions entre les deux pays, «on pourrait avoir du mal à trouver une chambre d'hôtel au Royaume-Uni», a remarqué M. Kirby lors d'une conférence téléphonique lundi.

Il reste aussi difficile de prédire le comportement des clients si le virus reprenait de la vigueur à l'automne prochain. «Nous devons rester flexibles», a souligné M. Parker. «Cela a déjà duré beaucoup plus longtemps que ce que nous pensions.»

Le regain immédiat de demande ne va en tout cas pas sans quelques frictions, notamment en termes de maintenance d'avions parfois restés au sol pendant plusieurs mois ou de formation et recrutement des pilotes.

«Nous savons que la compétition pour embaucher les meilleurs pilotes va s'échauffer et nous ne restons pas à rien faire», a souligné le directeur administratif de United, Brett Hart.

Les discussions sur de possibles faillites parmi les grandes compagnies américaines sont en tout cas bien loin, estime Peter McNally, spécialiste du secteur pour la société d'investissement Third Brigde.

Les investisseurs et les banques «ont continué à leur prêter allègrement de l'argent» depuis le début de la pandémie, y compris pour rembourser certaines aides gouvernementales, remarque-t-il.