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Fillette enlevée en France: sa mère inculpée pour enlèvement de mineur en bande organisée

La mère de la petite Mia, qui avait commandité l’enlèvement de sa fille de 8 ans dont elle n’a plus la garde, a été inculpée vendredi en France, après avoir été extradée par la Suisse.

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Lola Montemaggi, 28 ans, avait été retrouvée dimanche avec sa fille après plus de cinq jours de cavale, dans un squat dans le canton de Vaud en Suisse. Elle a été extradée vendredi en fin de matinée et entendue par un juge d’instruction en début de soirée puis inculpée pour «enlèvement de mineur de 15 ans en bande organisée» et «soustraction de mineur par ascendant hors du territoire de la République», a indiqué le procureur de Nancy, François Pérain.

Si elle n’a pas voulu détailler l’organisation de l’enlèvement de Mia, «par contre, elle a souhaité assumer son acte, le justifier et le légitimer», a ajouté le procureur.

«Elle ne supportait pas de ne pas voir sa fille, elles étaient fusionnelles (...) C’était pour elle inconcevable, et puis elle s’est laissée entraînée, elle n’a pas fait le bon choix», a déclaré l’avocat de Lola Montemaggi, Stéphane Giuranna, évoquant «une femme qui est triste».

Extradé en même temps qu’elle, un autre ressortissant français surnommé «Roméo», qui l’avait aidée lors de sa cavale en Suisse, a été inculpé pour «enlèvement aggravé et association de malfaiteurs». Celui-ci «a reconnu avoir participé à la préparation de l’enlèvement», notamment via une visioconférence avec les autres membres du groupe, selon M. Pérain.

Le parquet a requis leur placement en détention provisoire.

Une troisième personne a été présentée vendredi après-midi au juge d’instruction.

Cette retraitée, surnommée «Harmonie», a été inculpée «pour association de malfaiteurs en lien avec un crime» et «placée sous contrôle judiciaire», a précisé François Pérain.

«Elle jouait le rôle de secrétaire à distance pour Rémy Daillet-Wiedemann. À ce titre, elle a établi une liste d’accueillants susceptibles d’être sollicités dans le cadre des actions menées par le mouvement», a expliqué le procureur de Nancy.

Mandat d’arrêt international

Un mandat d’arrêt international a été lancé à l’encontre de Rémy Daillet-Wiedemann, figure du mouvement complotiste résidant en Malaisie et soupçonné d’avoir contribué à l’organisation de l’enlèvement de Mia. Selon un responsable de la police malaisienne, Kuala Lumpur est prêt à coopérer avec la France sur cette enquête, malgré l’absence d’accord d’extradition entre les deux pays.

Mia, 8 ans, a été enlevée sans violence le 13 avril dans l’est de la France, par plusieurs hommes, à la demande de sa mère, qui n’avait plus le droit de la voir seule ni de lui parler au téléphone. Se revendiquant de la mouvance anti-système, les ravisseurs s’étaient fait passer pour des professionnels de la protection de l’enfance et avaient réussi à emmener la petite fille, hébergée chez sa grand-mère maternelle.

La procédure d’Alerte enlèvement avait été déclenchée. Quatre hommes avaient été interpellés un ou deux jours plus tard, puis un cinquième.

L’enfant a été retrouvée saine et sauve dimanche dans un squat de la commune de Sainte-Croix, avec sa mère, qui tentait de gagner la Russie, selon des éléments dévoilés par François Pérain.

Âgés de 23 à 60 ans, les cinq hommes ayant organisé le kidnapping sont poursuivis pour «enlèvement en bande organisée d’une mineure de (moins de) quinze ans et association de malfaiteurs». Quatre d’entre eux ont été placés en détention.

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