/regional/quebec/chaudiereappalaches

Un pont délabré en Beauce nuit et inquiète

PHOTO COURTOISIE / Page Facebook de la municipalité de Saint-Joseph-des-Érables

Un pont de la Beauce plus que centenaire suscite crainte et mécontentement en raison de son état de délabrement avancé qui affecte le transport de passagers et de marchandises dans la région.

• À lire aussi: Un camion de 53 pieds renversé dans une bretelle du pont Champlain retiré

• À lire aussi: Inspection de routine du pont du Parc de la Gorge de Coaticook

• À lire aussi: 2 M$ pour corriger l’erreur du MTQ

L’infrastructure, construite en 1908, surplombe la rivière Chaudière entre Saint-Joseph-de-Beauce et Saint-Joseph-des-Érables.

Des travaux pour le remettre en état doivent être entrepris dans le cadre d’un programme d’investissements de 361,2 millions $ d’ici 2023 dans les infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires de la région annoncé plus tôt ce mois-ci par Québec. Toutefois, contacté il y a quelques jours par l’Agence QMI, le ministère des Transports n’était pas en mesure d’expliquer la nature des travaux à venir sur le pont ni d’en fournir la durée ni d’en chiffrer le montant.

Entre-temps, la situation est considérée comme préoccupante par plusieurs.

PHOTO COURTOISIE / Ministère des Transports du Québec

«En cinq lettres, monsieur, SCRAP! Le pont est fini, fini, fini, that’s it», a lancé le maire de Saint-Joseph-de-Beauce, Pierre Gilbert, en entrevue, lorsqu’on lui a demandé quel qualificatif il utiliserait pour décrire l’infrastructure.

Un rapport d’inspection du ministère des Transports, datant de 1986, qualifiait la condition du pont «d’acceptable» et anticipait sa durée de vie à «au moins 15 ans», soit jusqu’en 2001.

Mais, un autre rapport du même ministère, plus récent, daté de décembre dernier, que nous avons consulté, semble toutefois concorder avec l’avis du maire Gilbert. On y mentionne entre autres des signes de dégradation majeure, soit un grand nombre de fissures dans les structures de béton du pont et un stade avancé de corrosion provoquant la perforation de plusieurs pièces métalliques.

La capacité portante du pont avait d’ailleurs été réduite au sixième de sa charge, soit 5 tonnes, par le ministère des Transports en septembre dernier, soit peu de temps avant l’inspection de décembre.

PHOTO COURTOISIE / Ministère des Transports du Québec

Le maire de Saint-Joseph dit avoir glissé un mot au ministre des Transports lui-même lors d’un passage de ce dernier dans la région. «Si vous vous réveillez un matin et que vous entendez aux nouvelles qu’il y a un pont qui est tombé, ne vous demandez pas il est où. Il est en Beauce», avait dit M. Gilbert au ministre François Bonnardel.

Un détour long et coûteux

Concrètement, les inconvénients reliés à l’état lamentable de ce pont faisant partie de la route 276 vont de l’impossibilité pour les camionnettes avec une remorque à l’arrière d’y circuler, à l’interdiction du passage des semi-remorques de marchandises.

L’impact sur l’économie de la région est réel, notamment sur le secteur de l’agriculture, Saint-Joseph-des-Érables étant un village à 100% agricole.

Pour Frédéric Gagné, un agriculteur qui élève des animaux de boucherie, la restriction de charge en vigueur s’avère synonyme de perte financière et de perte de temps.

«C’est vraiment mal commode, mes animaux sont hébergés d’un côté de la rivière, mais mes terres pour les faire paître sont de l’autre côté, donc c’est plus coûteux et c’est plus long», a-t-il déploré en entrevue, en signifiant la perte de productivité que cela engendre.

PHOTO COURTOISIE / Ministère des Transports du Québec

Les autobus scolaires sont également interdits actuellement sur le pont et cela aussi cause problème. Tous les enfants et les adolescents situés sur la rive ouest de la rivière Chaudière, à Saint-Joseph-des-Érables, sont scolarisés de l’autre côté de la rivière. Selon la directrice générale de cette municipalité, Marie-Josée Mathieu, «un trajet en autobus qui prenait environ 20 minutes par le pont, en prend maintenant 45, puisqu’il faut faire un détour de près de 20 kilomètres au nord et passer par Vallée-Jonction», a-t-elle dit lors d’un entretien téléphonique.