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Les usurpations de comptes en hausse sur les réseaux sociaux

S’il n’y existe pas encore de statistiques officielles, les experts sont d’avis que les usurpations de comptes sur les réseaux sociaux sont en hausse depuis le début de la pandémie.

«Pour certains types de fraudes, c'est à peine la pointe de l'iceberg», dit d’emblée Guy Paul Larocque, sergent du centre antifraude du Canada.

Seulement pour Facebook, lors des trois derniers mois de 2020, le réseau a fermé 1,3 milliard de faux comptes.

Par courriel, Facebook dit avoir fermé la quasi-totalité de ces comptes avant même qu'il y ait un signalement, grâce à la technologie.

«Notre technologie de détection nous aide à bloquer des millions de tentatives de création de faux comptes chaque jour et à en détecter des millions d'autres, souvent quelques minutes après leur création», peut-on lire.

N'empêche, lorsqu'il y a un signalement, une résolution n'aboutit que dans 10% des cas, selon des études.

«On ne sait pas vraiment ce qui fait qu'un faux profil va être retiré ou pas par les plateformes de médias sociaux, donc ça reste très opaque», explique Benoit Dupont, titulaire d’une chaire de recherche du Canada en cybersécurité, qui appelle à une plus grande régulation.

Et ce sont les victimes qui perdent beaucoup de temps pour être capables de régulariser une situation quand leur identité a été compromise, note M. Larocque.

«En moyenne, ça peut être un minimum de 20 heures, et à 20 heures, je suis très conservateur», dit-il.

Alors que les autorités traînent déjà de la patte dans la protection des renseignements privés, les autorités devraient prendre le problème d'usurpation de comptes plus au sérieux en forçant les plateformes à être plus redevables, selon Benoit Dupont.

«Il y a une disproportion entre les faibles ressources dont elles disposent en ressources humaines et la quantité de faux profils qui sont créés, et elles essaient de mettre beaucoup d'espoir dans l'intelligence artificielle. Mais on voit très bien que c'est loin d'être la panacée», analyse-t-il.

Le public est aussi appelé à dénoncer davantage, question de permettre aux policiers d'être mieux outillés et de solliciter le financement nécessaire. Toutes fraudes confondues, seulement 5% des cas sont signalés.