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Le combat d’une mère pour rapatrier sa fille coincée en Arabie saoudite

Une mère qui se bat depuis près de 15 ans pour rapatrier sa fille coincée en Arabie saoudite dénonce l’inaction du gouvernement dans le dossier. 

En 2008, TVA Nouvelles rapportait l’histoire troublante de Nathalie Morin. 

En 2001, Nathalie, alors âgée de 17 ans, rencontre un Saoudien qui demeure à Montréal. Elle tombe enceinte quelques mois plus tard. 

Le couple doit malheureusement se séparer lorsque l’homme est expulsé du Canada parce qu’il n’est pas considéré comme étant un véritable réfugié politique. 

Nathalie Morin choisit d’aller vivre en Arabie saoudite avec son nouvel époux en 2005. 

Les choses se détériorent alors rapidement et la femme affirme à plusieurs reprises à sa famille que son mari est violent. 

«Je me fais frapper, aux trois ou quatre jours», avait-elle déjà dit dans une vidéo, un fait que l’homme a nié lorsque TVA Nouvelles l’a rejoint en 2008. 

Nathalie Morin a pu revenir au Québec, seule, pour la dernière fois en 2006. 

Son mari aurait par la suite refusé de la laisser partir. 

Choix difficiles  

Johanne Durocher, la mère de Nathalie, a tout fait pour rapatrier Nathalie et les enfants de celle-ci. 

Elle a notamment obtenu l'appui d'avocats d'Amnistie internationale, du Conseil canadien des femmes musulmanes et de politiciens.

Mais malgré tout, la mère de quatre enfants est toujours en Arabie saoudite et vit de la charité, selon Mme Durocher. 

«Elle est négligée dans le sens qu'elle vit de charité. Tous les jours, ça sonne à sa porte et ce sont des gens qui lui apportent soit de l'argent, soit de la nourriture», raconte-t-elle. 

Selon cette dernière, l’époux de Nathalie accepterait maintenant qu’elle quitte le pays. Mais la décision de revenir au Québec n’est pas sans risques pour la mère dont les quatre enfants sont âgés de 7 à 18 ans. 

«Elle pourrait revenir. Mais si elle revient, ça ne veut pas dire qu'elle pourrait retourner. Elle prend un gros risque en revenant et elle revient sans les enfants», explique Johanne Durocher.

Les enfants de Nathalie Morin ne peuvent pas quitter l’Arabie saoudite. 

«Les enfants n'ont pas le droit de sortir du pays, ils ne peuvent même pas avoir de passeport. Ils n'ont pas de passeport saoudien. Pour sortir du pays, ils ont besoin de leur passeport saoudien et le gouvernement saoudien refuse de l'émettre», soutient Mme Durocher. 

Elle s’est rendue trois fois en Arabie saoudite et son dernier voyage remonte à 2019. 

Depuis plus d'un an, elle n'arrive plus à rejoindre Nathalie.

Johanne Durocher promet de ne jamais l'abandonner.

C’est d’ailleurs pourquoi elle lance un livre dans lequel elle dénonce l’inaction et le manque de volonté du gouvernement canadien dans ce dossier. 

- d’après les informations d’Harold Gagné