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Port de Montréal: une grève qui inquiète jusqu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean

La grève des débardeurs au port de Montréal qui a commencé lundi pourrait avoir des répercussions ailleurs au Québec, les entreprises du Saguenay–Lac-Saint-Jean s’inquiétant des répercussions sur l’arrivée de matériaux et l’exportation des produits.

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«Pour le Québec, pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean et toutes les régions, c’est catastrophique parce que la majorité des biens de consommation transitent par le port de Montréal», a ainsi déclaré la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, Sandra Rossignol.

Et les commerçants au détail dans l’industrie du meuble retiennent leur souffle, l’approvisionnement ayant déjà fortement écopé depuis le début de la pandémie de COVID-19.

«Tous les produits qui proviennent de l’Europe passent par Montréal. Mais là, les fournisseurs les font transiter par New York. Ça occasionne des frais et des délais, a expliqué le propriétaire de Meubles Gilles-Émond, François Émond. Il y a aussi les matières premières qui aident à la fabrication qui doivent entrer au pays.»

Dans les quincailleries, où l’approvisionnement en matériaux était déjà sur toutes les lèvres, ce conflit pourrait également causer des problèmes dans toute la chaîne de livraison des produits jusque sur les tablettes en magasin.

Les commerces de piscines s’inquiètent aussi pour les mêmes raisons.

Le député bloquiste de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, a alors réclamé que le premier ministre Justin Trudeau intervienne pour éviter la grève.

«C’est un aveu d’incompétence. Ça fait huit mois que ça traine. Une loi spéciale n’est pas la solution. Le premier ministre a l’autorité morale pour appeler la partie patronale. Il doit agir en chef d’État. Je sais que c’est beaucoup demandé, mais il doit intervenir», a soutenu le député.

Pour Sandra Rossignol, Ottawa doit travailler à mettre un terme au conflit.

«On n’a pas le choix d’avoir une loi spéciale parce que c’est toute l’économie du Québec, c’est vous et moi, ce sont nos entreprises qui sont impactées par ce conflit», a-t-elle ajouté.

Et la grève préoccupe aussi dans l’autre sens. Les entreprises et les équipementiers de la région qui exportent des pièces à l’étranger pour la grande industrie ont affirmé qu’ils ne sont pas encore touchés pour l’instant, mais ils se croisent les doigts pour que le conflit ne perdure pas.