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Coderre visite un camping de personnes sans-abri

Au moment où les campings de personnes sans-abri multiplient partout en ville, le candidat à la mairie de Montréal, Denis Coderre, s’est rendu mardi matin sur terrain vacant en bordure de la rue Hochelaga près du boulevard de L’Assomption où quelques personnes ont installé leur tente.

Denis Coderre a rencontré Guylain Levasseur qui a installé sa roulotte sur le site en question. 

M. Levasseur avait dû plier bagages l’été dernier, au même titre que des dizaines de personnes, après le démantèlement du camping de la rue Notre-Dame. 

Le fondateur de Dehors Novembre a échangé avec M. Coderre de longues minutes. L’ex-maire de Montréal lui a toutefois expliqué qu’il ne souhaitait pas le voir passer l’été à l’extérieur. 

«Ça n’a pas de bon sens. Ça, faut que ça soit temporaire. Ce qui est clair pour moi, c’est qu’on ne peut pas avoir des campements comme ça, mais on ne peut pas promettre des logements sociaux à gauche et à droite, et instrumentaliser l’itinérance, à mauvais escient», a déclaré le candidat Coderre. 

«On ne veut pas entretenir l’itinérance»

D'ici là, le candidat à la mairie de Montréal réclame que la Ville intervienne afin de reloger les itinérants réunis au campement d’Hochelaga.

«On ne veut pas entretenir l’itinérance, on veut y mettre fin», s’est exclamé M. Coderre en point de presse, à proximité du campement.

Selon M. Coderre, la Ville ne devrait pas attendre après les autres paliers de gouvernements pour trouver des solutions, estimant qu’elle dispose déjà des pouvoirs nécessaires pour proposer des solutions durables.

Il a précisé qu’il ne souhaite pas que les campeurs soient évincés sans que des solutions plus durables leur soient proposées.

«Ce que les gens veulent, c’est de ne pas perdre ce qu’ils ont. Ils veulent avoir une stabilité et une capacité d’avoir les outils nécessaires pour qu’ils puissent avoir une meilleure qualité de vie», a ajouté M. Coderre.

Pour lui, la solution passerait par l’implantation de maisons de chambres, qui offriraient une solution plus permanente à la problématique de l’itinérance. Il propose que la Ville achète, ou loue sur le long terme, des hôtels afin d’implanter cette solution.

«Ce qu’ils veulent, c’est de l’espoir et des solutions permanentes», a rappelé M. Coderre. D’après ses constats, les refuges ne correspondent pas aux besoins de ces populations, alors qu’ils n’offrent qu’un lieu de transit.

«Quand on parle de chambres, avec des mesures d’accompagnement, on les aide à s’en sortir. Plutôt que de leur donner un poisson, on leur apprend à pêcher», croit-il.

L’administration Plante réagit

À la mairie de Montréal, l’administration Plante a mentionné qu’elle planche déjà sur cette solution. Des hôtels sont en cours d'acquisition, dans le cadre du programme fédéral ICRL, afin qu’ils soient transformés en logements pour personnes en situation d'itinérance.

«La Ville agit en matière d'itinérance et l'ancien maire n'a pas de leçon à nous donner», a clamé par courriel Geneviève Jutras, attachée de presse de la mairesse.

Elle explique que la Ville a augmenté de 1000 places les endroits en refuge, et que l’administration a également prolongé les mesures hivernales jusqu’au 30 juin.

«De plus, nous avions 1081 unités en développement pour personnes en situation d'itinérance, et nous n'avons pas terminé. Sous le mandat de l'ancien maire, c'est seulement 800 logements, soit près de 300 de moins. Notre administration en a donc créé 36 % de plus à ce stade-ci», a ajouté Mme Jutras.

Des campeurs déterminés

Guylain Levasseur, lui, est bien déterminé à passer l’été sur place.

«Ici, c’est merveilleux, on se croirait presque dans un vrai terrain de camping. C’est une belle place et on a mis la main à la pâte pour nettoyer le terrain, a-t-il expliqué, sous le regard désapprobateur de M. Coderre. Je suis pas prêt à partir. C’est ma maison ici.»

Romancière, Marie Larocque a pour sa part établi sa tente il y a trois jours, par choix, après avoir quitté une chambre, expliquant aimer ce mode de vie.

Elle est consciente que les campeurs ne pourront y rester que de façon temporaire, mais ajoute que l’incertitude est également nuisible.

«Le potentiel n’est pas réalisé. Les gens sont toujours stressés, puisqu’ils se demandent constamment s’ils vont se faire chasser le lendemain matin», a-t-elle expliqué. Pour elle, établir une date de départ prédéterminée permettrait aux campeurs de «montrer de quoi ils sont capables.»

Un milieu à protéger

«Ici, il y a des campements depuis que j’y viens. Ça fait plus de cinq ans que les mêmes campements sont aux mêmes endroits», a révélé Anaïs Houde, en admettant que leur nombre est plus élevé ce printemps.

Porte-parole du mouvement citoyen Mobilisation 6600, elle était également présente sur les lieux, s’inquiétant que le boisé Steinberg soit rasé afin de faire place à des infrastructures routières.

Elle a expliqué que des camions ont déjà commencé à circuler sur les lieux et elle a réclamé que le milieu soit protégé.

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