/news/coronavirus

Des bars désertés à cause de la pandémie victimes de vol

GEN - PETER SEGRAKIS HOMME D'AFFAIRE

Photo Martin Alarie

Des propriétaires de bars et de discothèques à Montréal dénoncent vivement la vague de vols qui frappe leur industrie ces jours-ci, alors que leurs portes sont fermées depuis plus de sept mois. 

« C’est pas drôle pantoute tout ce qui arrive en ce moment. Chaque jour, des gens m’appellent en pleurant pour me demander quand on va rouvrir. Personne n’a besoin de se faire voler en plus », s’insurge Peter Sergakis, président de l’Union des tenanciers de bars du Québec (UTBQ). 

L’UTBQ se dit inquiète pour plusieurs de ses membres qui ont été victimes d’introductions par effraction, de grabuge et de vols de bouteilles d’alcool au cours des dernières semaines. La plupart des délits ont été commis avec l’arrivée du beau temps, mentionne M. Sergakis, lui-même propriétaire de nombreux bars à Montréal. 

Deux cambrioleurs sont entrés par effraction les dernières semaines dans son établissement La Grosse.

Photos courtoisie

Deux cambrioleurs sont entrés par effraction les dernières semaines dans son établissement La Grosse.

« J’ai eu huit vols dans mes bars en deux mois. C’est triste, mais c’est partout au centre-ville en ce moment. [...] Les alarmes me réveillent la nuit. Je vais voir dans mes bars 2 ou 3 fois par jour pour être certain que personne n’est entré. J’ai plein de vidéos et photos. Tout a été remis aux policiers. Heureusement, on garde nos caisses vides », explique-t-il. 

Selon nos informations, le Village de Montréal, le quartier Saint-Henri et l’arrondissement de Montréal-Nord seraient les plus touchés par cette série de vols. Rappelons que tous les tenanciers de bars n’ont jamais rouvert leurs portes depuis le 1er octobre 2020. 

Un « Fléau » 

« C’est un vrai fléau en ce moment. Surtout qu’on a été fermés durant 12 mois sur 15 », lance Jean-Jacques Beauchamp, de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBTQ), en rappelant les impacts liés aux mesures sanitaires.

Son organisation a comptabilisé au moins 10 vols durant les six dernières semaines. La CPBBTQ se dit surprise, d’autant plus qu’elle ne reçoit pas ce genre de plaintes normalement.  

« Aussitôt que les cambrioleurs voient des bouteilles d’alcool, si tu n’as pas de système d’alarme ou de caméras, bonjour la visite, et ils passent aux actes. C’est vrai pour les bars fermés, mais pour les restaurants aussi », indique M. Beauchamp.  

Difficile de s’assurer 

Les malfaiteurs n’aident pas du tout les tenanciers de bar qui font des pieds et des mains pour trouver un assureur durant la pandémie, déplore Renaud Poulin, président de la CPBBTQ.

« En ce moment, on connaît des propriétaires de bar qui n’ont pas d’assurance parce que personne ne veut les assurer avec la crise. Certains vont même chercher des assureurs à Londres », conclut-il. 

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’a pas été en mesure hier de commenter nos informations concernant cette vague de vols dans les bars de la métropole.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.