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Des frigos publics pour vaincre l’insécurité alimentaire

Julien Garon-Carrier / AGENCE QMI

Les frigos-partage, des réfrigérateurs en accès libre remplis de nourriture à donner, se sont multipliés au cours de la dernière, en raison de la précarité alimentaire due en partie aux pertes d’emploi liées à la COVID-19.

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«Avant la pandémie, il y avait environ une soixantaine de frigos à la grandeur du Québec. Aujourd’hui on en compte près d’une centaine», a mentionné en entrevue Emilie Lacroix, chargée de projet en sécurité alimentaire pour l’organisme AmiEs de la Terre de Québec.

Le phénomène des frigos-partage a commencé à Montréal au milieu des années 2010, mais a rapidement essaimé partout au Québec.

«Les frigos communautaires, ça débute toujours par une initiative citoyenne. Les gens qui habitent le quartier viennent le remplir, le réparer. C’est génial pour vrai, ça suscite l’esprit de communauté et ça crée des liens», a expliqué Mme Lacroix.

MARIE CHRISTINE TROTTIER/24 HEURES/AGENCE QMI

AmiEs de la Terre, l’organisme où elle travaille, ne met pas en œuvre les projets de frigos-partage, mais sert plutôt de relai d’information, en répertoriant tous les frigos, en fournissant leur emplacement physique sur son site internet et en offrant un guide de démarrage.

Une ressource qui sauve des vies

Michelle Plante, une usagère des frigos-partage, admet que cette ressource en sécurité alimentaire lui a permis de se nourrir alors qu’elle traversait une période difficile de sa vie.

Mme Plante était dans une relation de couple très malsaine et, en décembre dernier, la DPJ lui a retiré la garde de son enfant pour une année. «J’ai perdu le nord, j’ai eu des idées noires et j’ai fait un séjour de deux semaines à l’hôpital. À ma sortie, j’avais plus rien, j’avais plus de paye, pas de chômage, pas d’aide sociale, a-t-elle dit lorsque nous l’avons rencontrée.

Julien Garon-Carrier / AGENCE QMI

«Une chance que les frigos partagés existaient parce que c’est comme ça que je me nourrissais», a-t-elle déclaré, précisant que cette situation avait duré un bon mois. Aujourd'hui, Michelle Plante redonne pour l'aide qu'elle a reçue et s'occupe de l'entretien des frigos.

Rémi Proteau, responsable des frigos-partage au Filon, un organisme qui soutient des initiatives collectives durables à Lévis, croit que «l’avantage des frigos communautaires sur différentes ressources d’aide en alimentation, c’est l’anonymat». En effet, les réfrigérateurs sont à l’extérieur, accessibles 24 heures sur 24, et il n’est pas nécessaire de donner son nom ou de rencontrer quelqu’un pour y avoir recours.

«En ce moment, il y a trois frigos-partage à Lévis, mais on va monter ça à 10 cette année», a-t-il précisé.

Mercredi, en publiant sa plus récente étude annuelle sur le revenu viable, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a souligné que «les pertes d’emploi et autres impacts négatifs de la pandémie en cours affectent davantage les ménages qui touchent moins que le revenu viable ou près de celui-ci». L’IRIS dit estimer que «cela concerne environ 1,5 million de personnes, soit près d’une personne sur cinq au Québec».

Frigos communautaires par région

Bas-Saint-Laurent : 14

Charlevoix : 1

Chaudière-Appalaches : 3

Côte-Nord : 3

Estrie : 12

Laurentides : 3

Mauricie : 4

Montérégie : 8

Montréal et environs : 11

Nord-du-Québec : 1

Outaouais : 11

Portneuf : 3

Québec : 7

Saguenay-Lac-Saint-Jean : 7

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