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Grève-surprise illimitée à l'usine d'Olymel de Vallée-Jonction

Photo d'archives

Les 1150 travailleurs de l’usine d’abattage d’Olymel de Vallée-Jonction sont en grève générale illimitée depuis ce matin.  

« En pleine pandémie, on trouve qu’il y a d’autres enjeux importants. On a été un peu surpris. Leur convention est échue depuis seulement le 31 mars», a déploré au Journal Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel. 

L’usine de Chaudière-Appalaches est stratégique pour le géant québécois Olymel. Plus de 35 000 porcs sont abattus chaque jour dans cet abattoir névralgique.

« Les syndicats demandent l’équivalent de 35% en augmentation en salaire la première année pour un total de 51% sur les trois ans demi de la convention. Ça placerait l’usine hors compétition», a dénoncé Richard Vigneault d’Olymel. 

Salaire de 22$ l’heure

De leurs côtés, les syndiqués font valoir au contraire que leur salaire horaire a augmenté d’à peine un dollar sur une période de quinze ans, qu’ils n’ont plus de REER et que leur offre salariale du 19 avril dernier est restée lettre morte. 

« On ne gagne pas plus cher que les autres. On perd notre monde. Les autres usines ont de meilleures conditions que nous. Le salaire moyen d’un gars ici se situe entre 20$ et 22$ l’heure», a répondu au Journal le président du syndicat, Martin Maurice. 

Selon lui, Olymel doit délier les cordons de leur bourse au plus vite pour garder leurs travailleurs, alors que la pénurie de main-d’œuvre saigne l’industrie. 

«On devait négocier ce matin et demain, mais le conciliateur n’avait pas de disponibilités pour nous autres et on n’avait pas de réponse de l’employeur de point de vue monétaire. Faut que ça bouge », a conclu Martin Maurice. 

Une séance de conciliation est prévue le 5 mai prochain. 

Mercredi après-midi, le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, a dit craindre que ce conflit ne vienne accentuer la pression sur le nombre de porcs en attente.

«Dans les dernières semaines, nous avons été en mesure de baisser considérablement ce nombre (17 759 porcs en date de vendredi dernier). Nous espérons éviter que nos éleveurs deviennent des victimes collatérales de cette situation», a-t-il souligné.

-Avec la collaboration de Jean-Michel Genois Gagnon

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