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Propos sexuels: le courtier Francis Vallée a-t-il franchi le seuil de l’acceptabilité?

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Le comité de discipline de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) devra décider si Francis Vallée, un courtier de Gatineau, a franchi le seuil de l’acceptabilité en matière de comportements et de propos sexuels dans le cadre de ses fonctions.

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L’avocat de Vallée, Me Jean Laflamme, a plaidé jeudi matin qu’il fallait faire une distinction entre la vie personnelle et professionnelle de son client, d’autant plus qu’il n’y a pas eu de violence ou de harcèlement, et qu’il n’était pas dans une situation d’autorité.

En contrepartie, l’avocate du syndic de l’OACIQ, Me Isabelle Martel, soutient qu’en s’avouant coupable de cinq des 12 plaintes au dossier, l’accusé reconnaît avoir commis des infractions au code déontologique de sa profession.

«Juste le fait d’avoir fait des sollicitations à des fins sexuelles dans le cadre d’une relation professionnelle est un acte dérangeant en soi», a-t-elle avancé.

Crédibilité

Me Martel a par ailleurs mis en doute la crédibilité de Francis Vallée lors de son témoignage. «Il s’agit d’un comportement systématique et répétitif qui s’est échelonné de 2014 à 2020», a-t-elle dit.

«Il n’a pas nié les faits. Il a seulement apporté des nuances ou des précisions», a de son côté indiqué le procureur de l’accusé, Me Laflamme.

Ce dernier en a profité pour soulever la faiblesse de la preuve de sa consœur qui a insisté pour faire entendre tous les témoins afin de tracer des faits similaires, même ceux à l’égard desquels l’accusé s’est reconnu coupable.

Décision

Francis Vallée a plaidé coupable en début de semaine à cinq des 12 plaintes logées à son endroit, dont certaines par d’anciennes clientes, concernant des comportements et des propos sexuels inappropriés.

Le comité disciplinaire de l’OACIQ a pris le dossier en délibéré, jeudi, et devra rendre une décision en ce qui a trait aux sept plaintes en suspens et prononcer une sentence, le cas échéant.

L'homme de 39 ans est sans emploi depuis que son permis de courtier immobilier lui a été retiré de façon provisoire le 1er septembre dernier.

Soulignons que cette audience est distincte de l’accusation d’agression sexuelle portée contre lui pour des événements qui seraient survenus en 2011 en dehors de ses fonctions de courtier. Ce dossier sera de nouveau entendu en cour le 28 mai prochain.

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