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Arrestation d'un avocat de l'opposant Alexeï Navalny

La police russe a arrêté vendredi un avocat réputé défendant les organisations de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny et s'occupant de plusieurs affaires d'espionnage, a annoncé vendredi son équipe sur la messagerie Telegram.

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Selon cette source, Ivan Pavlov a été accusé pour «divulgation d'informations sur une enquête préliminaire» liée à l'affaire de l'un de ses clients, Ivan Safronov.

En juillet 2020, l'arrestation de cet ex-journaliste spécialisé dans les affaires de défense a été très médiatisée en Russie. Il est accusé d'avoir transmis des documents confidentiels à la République tchèque.

Son avocat se voit lui reprocher, a-t-il affirmé, d'avoir transmis sans autorisation à un journal russe «l'ordonnance de mise en accusation» de M. Safronov. Pour ce délit, il risque jusqu'à trois mois de prison.

Selon l'organisation Komanda 29 d'Ivan Pavlov, ce dernier a été interpellé après une perquisition dans la chambre d'hôtel où il séjournait à Moscou. La police a également fouillé le siège de son organisation à Saint-Pétersbourg et les domiciles de sa femme et de l'un de ses employés.

Le groupe Komanda 29 réunit des avocats et des journalistes défendant les Russes accusés dans des affaires de trahison ou d'espionnage. 

Il tire son nom de l'article 29 de la Constitution russe sur la protection de la liberté d'expression et de l'article 29 du Code pénal sur les crimes contre l'État, qui comprend la trahison et l'espionnage.

Ivan Pavlov défend également le réseau de bureaux régionaux et le Fonds de lutte contre la corruption (FBK) d'Alexeï Navalny, que le parquet russe veut faire reconnaître comme «extrémistes».

Si cette demande était acceptée, leurs activités deviendraient interdites et les membres du FBK ou leurs sympathisants seraient menacés de longues peines de prison. Face à cette menace, les 37 bureaux régionaux de l'opposant ont annoncé jeudi leur auto-dissolution.

Selon Komanda 29, M. Pavlov reçoit régulièrement des menaces des services de sécurité. 

Vendredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré ne pas connaître les raisons de son arrestation.